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Enfant de chœur

 

Il baisa en l’enlevant le céleste manteau ;

le rochet à dentelles et amidons,

frivole et sensoriel comme un jupon,

fut béatement plié sur le porte-serviettes.

Le cordon une fois dénoué, la soutane

noire à boutonnière carminée

tomba à ses pieds comme une bannière vaincue.

Et glissait une ancienne odeur de salve,

de mois de mai, de motets angéliques

de ces choeurs grégaires du samedi.

Il se vit tout nu devant le miroir brume,

tel un chandelier de blé, l’enfant de chœur blond,

en cortège de semailles et paganerie.

(Mémoire des justes dans le four,

hymnes sur le sable de l’enceinte,

sang tachant des linges de pureté…)

 

Dans son lit métallique et à pommes

- « Enfin dormir » - de cette chambre louée

il rangea son scapulaire, on l’attendait.

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, «Poésie espagnole,  Anthologie 1945 – 1990 »

Actes Sud / Editions Unesco, 1995

Du même auteur :

 Seul ton amour et l’eau…  / Sólo tu amor y el agua...   (27/04/2015)

Juin / Junio (27/04/2016)

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