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La mort viendra et elle aura tes yeux

11 mars – 10 avril 1950

 

TO C. FROM  C.

 

 

Toi,

sourire diapré

sur la glace des neiges –

vent de mars,

branches en cortège

jaillies sur la neige,

ardente et plaintive

dans tous tes manèges –

daine aux membres blancs,

gracieuse,

puissé-je connaître

encore

la grâce ondoyante

de tous les jours,

la dentelle d’écume

de tous tes tours –

la plaine là-bas

demain sera glacée –

toi, sourire diapré

toi, rire étincelant.

11 mars 1950

 

IN THE MORNING YOU ALWAYS COME BACK

 

Le soupirail de l’aube

respire par ta bouche

au fond des rues désertes.

Lumière grise de tes yeux,

douces gouttes de l’aube

sur des collines sombres.

Ton pas et ton haleine

comme le vent de l’aube

submergent les maisons.

La ville frissonne,

les pierres embaument –

tu es la vie, tu es l’éveil.

 

Etoile perdue,

dans la lumière de l’aube,

grincement de la brise,

tiédeur et haleine –

la nuit est finie.

 

Tu es la lumière et le matin

20 mars 1950

 

 

 

Tu as un sang, une haleine.

Tu es faite de chair

de cheveux de regards

toi aussi. Terre et arbres,

ciel de mars et lumière,

vibrent et te ressemblent –

ton rire et ta démarche

sont des eaux qui tressaillent –

la ride entre tes yeux

des nuages amassés –

ton tendre corps rappelle

un coteau au soleil.

 

Tu as un sang, une haleine.

Tu vis sur cette terre.

Tu en connais les saveurs

les saisons, les éveils,

tu as joué au soleil,

tu as parlé avec nous.

Rejetons du printemps,

eau transparente, terre,

silence qui bourgeonne,

tu as joué enfant

sous un ciel différent,

dans tes yeux il y a son silence,

un nuage qui jaillit

comme du fond la source.

Maintenant tu tressailles

et ris sur ce silence.

 

Tendre fruit qui vis

sous le ciel transparent,

qui respires et qui vis

notre saison commune,

dans ton secret silence

est ta force. Comme l’herbe

qui s’anime sous le vent,

tu frissonnes et tu ris,

mais toi, tu es terre.

Tu es racine féroce.

Tu es la terre qui attend.

21 mars 1950

 

 

 

La mort viendra et elle aura tes yeux –

cette mort qui est notre compagne

du matin jusqu’au soir, sans sommeil,

sourde, comme un vieux remords

ou un vice absurde. Tes yeux

seront une vaine parole,

un cri réprimé, un silence.

Ainsi les vois-tu le matin

quand sur toi seule tu te penches

au miroir. O chère espérance,

ce jour-là nous saurons nous aussi

que tu es la vie et que tu es le néant.

 

La mort a pour tous un regard.

La mort viendra et elle aura tes yeux.

Ce sera comme cesser un vice,

comme voir resurgir

au miroir un visage défunt,

comme écouter des lèvres closes.

Nous descendrons dans le gouffre muets.

22 mars 1950

 

 

 

LA MAISON

 

L’homme seul écoute la voix calme

et ses yeux sont mi-clos, comme si une haleine

effleurait son visage, une haleine amicale

qui remonte, incroyable, depuis le temps passé.

 

L’homme seul écoute l’antique voix

que ses pères ont entendue jadis, limpide

et recueillie, une voix qui pareille aux tons verts

des étangs et des coteaux, devient sombre le soir.

 

L’homme seul connaît une voix d’ombre,

caressante, qui jaillit calmement modulée

telle une source secrète : attentif il la boit,

les yeux clos, mais on ne dirait pas qu’elle est tout près de lui.

 

C’est la voix, qui un jour a arrêté le père

de son père, et tous ceux du sang mort.

C’est une voix de femme qui résonne secrète

au seuil de la maison, quand vient l’obscurité.

 

 

 

YOU, WIND OF MARCH

 

Tu es la vie et la mort.

Tu es venue en mars

sur la terre nue –

et ton frisson dure.

- anémone ou nuage –

ton pas léger

a violé la terre.

La douleur recommence.

 

Ton pas léger

a rouvert la douleur.

La terre était froide

sous un pauvre ciel,

immobile et fermée

dans la torpeur d’un rêve,

comme après la souffrance.

Et la glace était douce

dans le cœur profond.

Entre vie et mort

l’espoir se taisait.

 

Maintenant ce qui vit

a une voix et un sang.

Maintenant terre et ciel

sont un frisson puissant,

l’espérance les tord,

le matin les bouleverse,

ton pas et ton haleine

d’aurore les submergent.

Sang de printemps,

toute la terre tremble

d’un ancien tremblement.

 

Tu as rouvert la douleur.

Tu es la vie et la mort.

Sur la terre nue,

tu es passée légère,

hirondelle ou nuage,

et le torrent du cœur

s’est réveillé, déferle,

se reflète dans le ciel

et reflète les choses –

et les choses, dans le ciel, dans le cœur,

souffrent et se tordent

dans l’attente de toi.

C’est le matin, l’aurore,

sang de printemps,

tu as violé la terre.

 

L’espérance se tord,

et t’attend et t’appelle.

Tu es la vie et la mort.

Ton pas est léger.

25 mars 1950.

 

 

 

JE PASSERAI PAR LA PLACE D’ESPAGNE

 

Le ciel sera limpide.

Les rues s’ouvriront

sur la colline de pins et de pierre.

Le tumulte des rues

ne changera pas cet air immobile.

Les fleurs éclaboussées

de couleurs aux fontaines

feront des clins d’œil

comme des femmes gaies.

Escaliers et terrasses

et les hirondelles

chanteront au soleil.

Cette rue s’ouvrira,

les pierres chanteront,

le cœur en tressaillant battra,

comme l’eau des fontaines.

Ce sera cette voix

qui montera chez toi.

Les fenêtres sauront

le parfum de la pierre

 et de l’air du matin.

Une port s’ouvrira.

Le tumulte des rues

sera le tumulte du cœur

dans la lumière hagarde.

 

Tu sera là – immobile et limpide.

28mars 1950

 

 

 

Les matins passent clairs

et déserts. C’est ainsi que tes yeux

naguère s’ouvraient. Le matin

s’écoulait lentement, gouffre

de lumière immobile. En silence.

Tu vivais en silence ; les choses

vivaient sous tes yeux

(sans peine et sans ombre)

comme une mer au matin, claire.

 

Le matin est partout où, lumière, tu es.

Tu étais les choses et la vie.

En toi éveillés nous respirions

sous le ciel qui est encore en nous.

Sans peine sans fièvre en ce temps,

sans cette ombre pesante du jour

foisonnant et étrange. O lumière,

ô lointaine clarté, haleine

angoissée, tourne vers nous tes yeux

immobiles et clairs.

Sombre est le matin qui passe

sans la lumière de tes yeux.

30 mars 1950

 

 

 

THE NIGHT YOU SLEPT

 

La nuit aussi te ressemble.

nuit lointaine qui pleure

muette, dans le cœur profond,

et mornes les étoiles passent.

Une joue effleure une joue –

c’est un frisson glacé, quelqu’un

se débat et s’implore, seul

perdu en toi, dans ta fièvre.

 

La nuit souffre et aspire vers l’aube,

pauvre cœur qui tressailles.

O visage fermé, sombre angoisse,

fièvre qui attristes les étoiles,

certains attendent l’aube comme toi

épiant ton visage en silence.

Tu reposes sous la nuit

comme un horizon mort et fermé.

Pauvre cœur qui tressailles,

un jour lointain tu étais l’aube.

4 avril 1950

 

 

 

THE CATS WILL KNOW

 

La pluie tombera encore

sur tes doux pavés,

une pluie légère

comme un souffle ou un pas.

La brise et l’aube légères

fleuriront encore

comme sous ton pas,

quand tu rentreras.

Entre fleurs et balcons

les chats le sauront.

 

Il y aura d’autres jours,

il y aura d’autres voix.

Tu souriras toute seule.

Les chats le sauront.

Et tu entendras

des mots très anciens,

des mots las et vains

comme les vieux habits

des fêtes d’hier.

 

Toi aussi, tu auras des gestes.

Tu diras des mots –

visage de printemps,

toi aussi tu auras des gestes.

 

Les chats le sauront,

visage de printemps ;

et la pluie légère,

l’aube de jacinthe,

qui déchirent le cœur

quand on ne t’espère plus,

sont le triste sourire

que, seule, tu souris.

Il y aura d’autres jours,

d’autres voix, d’autres éveils.

Nous souffrirons dans l’aube,

visage de printemps.

10 avril 1950

 

 

 

LAST BLUES, TO BE READ SOME DAY

 

Ce n’était qu’un jeu

tu le savais bien –

quelqu’un fut blessé

il y a très longtemps.

 

Mais rien n’a changé

le temps est pressé –

un jour tu es venue

un jour tu mourras.

 

Et quelqu’un est mort

il y a très longtemps –

quelqu’un qui voulait

mais ne savait pas.

11 avril 1950

 

Traduit de l’italien par Gilles de Van

In, Cesare Pavese : « Travailler fatigue. La mort viendra

et elle aura tes yeux ».

Editions Gallimard, 1969

Du même auteur :

Paysage (18/04/2016)

La terre et la mort (18/04/2017)

Paysage VIII / Paesaggio VIII (18/04/2019)

 

 

Verrà la morte e avrà i tuoi occhi

 

TO C FROM C.

 

 

You,

dappled smile

on frozen snows –

wind of March,

ballet of boughs

sprung on the snow,

moaning and glowing

your little “ohs”-

white-limbed doe,

gracious,

would I could know

yet

the gliding grace

of all your days,

the foam-like lace

of all your ways –

to-morrow is frozen

down on the plain

you, dappled smile,

you, glowing laughter

 

 

Tu, 

screziato sorriso 

su nevi gelate – 

vento di Marzo, 

balletto di rami 

 

spuntati sulla neve, 

gemendo e ardendo, 

i tuoi piccoli “oh!” – 

daina dalle membra bianche, 

graziosa, 

potessi io sapere 

ancora 

la grazia volteggiante 

di tutti i tuoi giorni, 

la trina di spuma 

di tutte le tue vie – 

domani è gelato 

giù nella pianura – 

tu, screziato sorriso, 

tu, risata ardente.

11marzo 1950

Traduction d’Italo Calvino

 

 

 

IN THE MORNING YOU ALWAYS COME BACK

 

Lo spiraglio dell’alba

respira con la tua bocca

in fondo alle vie vuote.

Luce grigia i tuoi occhi,

dolci gocce dell’alba

sulle colline scure.

Il tuo passo e il tuo fiato

come il vento dell’alba

sommergono le case.

La città abbrividisce,

odorano le pietre ‒

sei la vita, il risveglio.

 

Stella sperduta

nella luce dell’alba,

cigolio della brezza,

tepore, respiro ‒

è finita la notte.

Sei la luce e il mattino.

 

20 marzo 1950

 

Hai un sangue, un respiro.

Sei fatta di carne

di capelli di sguardi

anche tu. Terra e piante,

cielo di marzo, luce,

vibrano e ti somigliano ‒

il tuo riso e il tuo passo

come acque che sussultano ‒

la tua ruga fra gli occhi

come nubi raccolte ‒

il tuo tenero corpo

una zolla nel sole.

Hai un sangue, un respiro.

Vivi su questa terra.

Ne conosci i sapori

le stagioni i risvegli,

hai giocato nel sole,

hai parlato con noi.

Acqua chiara, virgulto

primaverile, terra,

germogliante silenzio,

tu hai giocato bambina

sotto un cielo diverso,

ne hai negli occhi il silenzio,

una nube, che sgorga

come polla dal fondo.

Ora ridi e sussulti

sopra questo silenzio.

Dolce frutto che vivi

sotto il cielo chiaro,

che respiri e vivi

questa nostra stagione,

nel tuo chiuso silenzio

è la tua forza. Come

erba viva nell'aria

rabbrividisci e ridi,

ma tu, tu sei terra.

Sei radice feroce.

Sei la terra che aspetta.

 

21 marzo 1950

 

 

Verrà la morte e avrà i tuoi occhi-

questa morte che ci accompagna

dal mattino alla sera, insonne,

sorda, come un vecchio rimorso

o un vizio assurdo. I tuoi occhi

saranno una vana parola,

un grido taciuto, un silenzio.

Così li vedi ogni mattina

quando su te sola ti pieghi

nello specchio. O cara speranza,

quel giorno sapremo anche noi

che sei la vita e sei il nulla

 

 

Per tutti la morte ha uno sguardo.

Verrà la morte e avrà i tuoi occhi.

Sarà come smettere un vizio,

come vedere nello specchio

riemergere un viso morto,

come ascoltare un labbro chiuso.

Scenderemo nel gorgo muti.

 

22 marzo 1950

 

 

LA CASA

 

L’uomo solo ascolta la voce calma 

con lo sguardo socchiuso, quasi un respiro 

gli alitasse sul volto, un respiro amico 

che risale, incredibile, dal tempo andato. 
 

L’uomo solo ascolta la voce antica 

che i suoi padri, nei tempi, hanno udito, chiara 

e raccolta, una voce che come il verde 

degli stagni e dei colli incupisce a sera. 
 

L’uomo solo conosce una voce d’ombra, 

carezzante, che sgorga nei toni calmi 

di una polla segreta: la beve intento, 

occhi chiusi, e non pare che l’abbia accanto. 
 

E’ la voce che un giorno ha fermato il padre 

di suo padre, e ciascuno del sangue morto. 

Una voce di donna che suona segreta 

sulla soglia di casa, al cadere del buio.

 

 

 

 

YOU WIND OF MARCH

 

 

Sei la vita e la morte

Sei venuta di marzo 

sulla terra nuda - 

il tuo brivido dura. 

Sangue di primavera 

- anemone o nube - 

il tuo passo leggero 

ha violato la terra. 

Ricomincia il dolore. 

Il tuo passo leggero 

ha riaperto il dolore. 

Era fredda la terra 

sotto povero cielo, 

era immobile e chiusa 

in un torpido sogno, 

come chi più non soffre. 

Anche il gelo era dolce 

dentro il cuore profondo. 

Tra la vita e la morte 

la speranza taceva. 

Ora ha una voce e un sangue 

ogni cosa che vive. 

Ora la terra e il cielo 

sono un brivido forte, 

la speranza li torce, 

li sconvolge il mattino, 

li sommerge il tuo passo, 

il tuo fiato d'aurora. 

Sangue di primavera, 

tutta la tetra trema 

di un antico tremore. 

Hai riaperto il dolore. 

Sei la vita e la morte. 

Sopra la terra nuda 

sei passata leggera 

come rondine o nube, 

e il torrente del cuore 

si è ridestato e irrompe 

e si specchia nel cielo 

e rispecchia le cose - 

e le cose, nel cielo e nel cuore 

soffrono e si contorcono 

nell'attesa di te. 

E', il mattino, è l'aurora, 

sangue di primavera, 

tu hai violato la terra. 

La speranza si torce, 

e ti attende ti chiama. 

Sei la vita e la morte. 

Il tuo passo è leggero.

 

25 marzo 1950

 

PASSERO PER PIAZZA DI SPAGNA

 

 

Sarà un cielo chiaro.

S’apriranno le strade

sul colle di pini e di pietra.

Il tumulto delle strade

non muterà quell’aria ferma.

I fiori spruzzati

di colori alle fontane

occhieggeranno come donne

divertite. Le scale

le terrazze le rondini

canteranno nel sole.

S’aprirà quella strada,

le pietre canteranno,

il cuore batterà sussultando

come l’acqua nelle fontane –

sarà questa la voce

che salirà le tue scale.

Le finestre sapranno

l’odore della pietra e dell’aria

mattutina. S’aprirà una porta.

Il tumulto delle strade

sarà il tumulto del cuore

nella luce smarrita.

 

 

Sarai tu – ferma e chiara.

 

28 marzo 1950

 

Mattini passano chiari

e deserti. Così i tuoi occhi

s’aprivano un tempo. Il mattino

trascorreva lento, era un gorgo

d’immobile luce. Taceva.

Tu viva tacevi; le cose

Vivevano sotto i tuoi occhi

(non pena non febbre non ombra)

come un mare al mattino, chiaro.

 

Dove sei tu, luce, è il mattino.

Tu eri la vita e le cose.

In te desti respiravamo

sotto il cielo che ancora è in noi.

Non pena non febbre allora,

non quest’ombra greve del giorno

affollato e diverso. O luce,

chiarezza lontana, respiro

affannoso, rivolgi gli occhi

immobili e chiari su noi.

È buio il mattino che passa

senza la luce dei tuoi occhi.

 

30 marzo 1950

 

 

THE NIGHT YOU SLEPT

 

Anche la notte ti somiglia,

la notte remota che piange muta,

dentro il cuore profondo,

e le stelle passano stanche.

Una guancia tocca una guancia –

è un brivido freddo, qualcuno

si dibatte e t’implora, solo,

sperduto in te, nella tua febbre.

 

 

La notte soffre e anela l’alba,

povero cuore che sussulti.

O viso chiuso, buia angoscia,

febbre che rattristi le stelle,

c’è chi come te attende l’alba

scrutando il tuo viso in silenzio.

Sei distesa sotto la notte

come un chiuso orizzonte morto.

Povero cuore che sussulti,

un giorno lontano eri l’alba.

 

4 aprile 1950

 

 

THE CATS WILL KNOW

 

Ancora cadrà la pioggia

sui tuoi dolci selciati,

una pioggia leggera

come un alito o un passo.

Ancora la brezza e l’alba

fioriranno leggere

come sotto il tuo passo,

quando tu rientrerai.

Tra fiori e davanzali

i gatti lo sapranno.

 

 

Ci saranno altri giorni,

ci saranno altre voci.

Sorriderai da sola.

I gatti lo sapranno.

Udrai parole antiche,

parole stanche e vane

come i costumi smessi

delle feste di ieri.

 

 

Farai gesti anche tu.

Risponderai parole-

viso di primavera;

farai gesti anche tu.

 

 

I gatti lo sapranno,

viso di primavera;

e la pioggia leggera,

l’alba color giacinto,

che dilaniano il cuore

di chi più non ti spera,

sono il triste sorriso

che sorridi da sola.

Ci saranno altri giorni,

altre voci e risvegli.

Soffriremo nell’alba,

viso di primavera.

 

10 aprile 1950

 

LAST BLUES, TO BE READ SOME DAY

 

 

‘T was only a flirt

you sure did know-

some one was hurt

long time ago.

 

 

All is the same

time has gone by-

some day you came

some day you’ll die.

 

 

Some one has died

long time ago-

some one who tried

but didn’t know.

 

11 aprile 1950

 

Poesie edite e inedite

Einaudi editore, Turino, 1962

Poème précédent en italien :

Michelangelo Buonarotti « Quelle mordante lime… » / « Per qual mordace lima… » (14/01/2018)

Poème suivant en italien :

Giuseppe Ungaretti : Vanité / Vanità (13/05/2018)