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Voilà plusieurs nuits déjà qu’on entend encore

Le doux bruit de la mer, dans son flux et son reflux,

Le long des grèves lisses. C’est l’écho d’une voix

Close dans la mémoire qui remonte le temps ;

Et l’on entend aussi cette plainte assidue

Des mouettes ; peut-être est-ce celle d’oiseaux

Hantant les tours, que vers la plaine pousse avril.

Déjà tu m’étais proche, ô toi, par cette voix ;

Je voudrais qu’à mon tour à présent te parvienne

Egalement de moi l’écho d’un souvenir,

Tout comme cet obscur murmure de la mer.

 

Traduit de l’italien par Sicca Vernier

in, « Poètes d’Italie. Anthologie, des origines à nos jours »

Editions de la Table Ronde, 1999

 

On entend sans cesse la mer

 

Depuis plusieurs nuits déjà on entend sans cesse la mer,

légère, en son va-et-vient, le long des sables lisses.

Echo d’une voix close en la pensée

qui remonte le temps ; et aussi cette

plainte assidue des mouettes : peut-être

d’oiseaux des tours, et qu’avril

pousse vers la plaine. Déjà

tu m’étais proche comme cette voix ;

et je voudrais que te parvienne de moi,

à cet instant, un écho de mémoire,

comme cet obscur murmure de la mer.

 

Traduit de l'italien par Roland Ladrière

in, Salvatore Quasimodo : "Oeuvres poétiques"

Editions de Corlevour, 92110 Clichy, 2021

 

J’entends encore la mer

 

Depuis plusieurs nuits, j’entends encor la mer

vaguement de-ci, de-là, le long du sable lisse.

Echo d’une voix enclose en mon esprit

qui resurgit du passé ; cette complainte

assidue des mouettes est peut-être

celle des oiseaux dans les tours, qu’avril

pousse vers la plaine. Toi, jadis,

tu étais près de moi, unie à cette voix ;

et je voudrais qu’à cette heure naisse en ton esprit

un écho de mon souvenir

égal à cet obscur murmure marin.

 

 

Traduit de l’italien par Geneviève Burckhardt

In, « Italie poétique contemporaine »

Editions du Dauphin, 1968  

Du même auteur :

Et c’est bientôt le soir / Ed è subito sera (01/11/2014)

Devant le gisant d’Ilaria del Carretto / Davanti al simulacro d’Ilaria Del Carretto (15/04/2019)

Anno Domini MCMXLVII (15/04/2020)

Vent à Tyndaris / Vento a Tindari (15/04/2021)

Temple de Zeus à Agrigente / Tempio di Zeus Ad Agrigento 15/04/2022) 

 

S’ode ancora il mare

 

Già da più notti s’ode ancora il mare,

lieve, su e giù, lungo le sable lisce.

Eco d’una voce chiusa nella mente

che risale dal tempo ; ed anche questo

lamento assiduo  di gabbiani : forse

d’ucelli delle tori, che l’aprile

sospinge verso la pianura.  Già

m’eri vicina tu con quella voce ;

ed io vorrei che pure a te venisse,

ora, di me un’eco di memoria,

come quel buio murmure di mare.

 

Giorno dopo giorno

Mondadori, Milano (Italia), 1947

Poème précédent en italien :

Michelangelo Buonarotti « Quelle mordante lime… » / « Per qual mordace lima… » (14/01/2018)

Poème suivant en italien :

Cesare Pavese: La mort viendra et elle aura tes yeux / Verrà la morte e avrà i tuoi occhi (18/04/2018)