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Arc-en-ciel

 

Sous l’arc des nuages durcis

Au bruit des voix qui s’abandonnent

Sur les trottoirs blancs et les rails

A travers les branches du temps

J’ai regardé passer ton ombre

Seule entre les signes obscurs

Les traits de lumière mouvante

Transparente au reflet des fausses devantures

Et elle allait et elle allait

 

Jamais tu n’as marché si vite

Je me rappelais ta figure

Mais elle était beaucoup moins grande

Et puis j’ai regardé ailleurs

Mais pour te retrouver encore

Dans les échos du jour roulant dans ma mémoire

 

Des fils de souvenirs s’accrochent dans les branches

Des feuilles dans l’air bleu planent à contre vent

Un ruisseau de sang clair se glisse sous la pierre

Les larmes et la pluie sur le même buvard

Puis tout se mêle au choc dans l’ouate plus épaisse

Dans l’écheveau du sort le cœur perd son chemin

Toujours le même qui s’arrête

Toujours le même qui revient

 

Le soleil s’éteignait

Je regardais plus loin

Les traces de tes pas brodaient d’or la poussière

Et tout ce qui n’était pas là

Dans les flammes du soir qui dévorent la terre

 

Main-d’œuvre

Editions du Mercure de France,1949

Du même auteur :

Cran d’arrêt (12/06/2014)

Tard dans la vie (13/11/2014)

Chemin tournant (09/04/2016)

Tendresse (09/04/2017)