21 mars 2018

Clément Marot (1496 – 1544) : « Lorsque Maillart… »

  « Lorsque Maillart, juge d'Enfer, menait À Monfaucon Semblançay l'âme rendre,À votre avis, lequel des deux tenait Meilleur maintien ? Pour le vous faire entendre, Maillard semblait homme qui mort va prendre Et Semblançay fut si ferme vieillard Que l'on cuidait(*), pour vrai, qu'il menât pendre    (*) pensait À Montfaucon le lieutenant Maillart. »     Du même auteur : Le Beau Tetin (21/0303/2015) « Plus ne suis… » (21/03/2016) De sa grande Amie (21/03/2017) ... [Lire la suite]
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20 mars 2018

Charles d’Orléans (1394-1465) : « Jeunes amoureux nouveaux… »

  Jeunes amoureux nouveaux, En la nouvelle saison, Par les rues, sans raison Chevauchent faisant les sauts.   Et font saillir des carreaux Le feu, comme de charbon : Jeunes amoureux nouveaux En la nouvelle saison.   Je ne sais si leurs travaux Ils emploient bien ou non ; Mais piqués de l'éperon Sont autant que leurs chevaux, Jeunes amoureux nouveaux.   Du même auteur : « Le temps a laissé son manteau… » (20/03/2015) « Ma seule amour… » (20/03/2016) « Nouvelles... [Lire la suite]
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19 mars 2018

Jeanine Baude (1946 -) : Plaisirs d’O

  Plaisirs d’O   Ne rien laisser qui ne s’écoule sans sertir du doigt     cette pâle lueur d’entre les ombres ce reflet rond     cette goutte de sueur sur les hanches.   Appelants, appelés     et jusqu’aux lèvres porter cette eau     perles odorantes qui roulent de points cardinaux en points cardinaux.   De la bouche et des yeux, le ciel se déformant dépliant son essor     Le cavalier chevauchant... [Lire la suite]
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18 mars 2018

Francis Jammes (1868 – 1938) : Prière pour avoir la foi dans la forêt

  Prière pour avoir la foi dans la forêt     Je n’espère plus rien, mon Dieu, je me résigne. Je me laisse aller comme la courbe des collines. Je sens la nuit sur moi comme elle est sur les champs, quand le soleil s’éteint, le soir, comme une lampe. Je ne vois plus en moi. Je suis comme le soir qui fait qu’on ne voit plus les faneuses d’azur à travers la prairie des pensées de mon âme. Je voudrais être pareil au joli matin où, dans la rosée rose, se peignent les lapins. Je n’espère plus rien, mon Dieu,... [Lire la suite]
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17 mars 2018

Jorge Carrera Andrade (1903 – 1978) : La clé du ciel

  La clé du feu   Terre équinoxiale et patrie du colibri, de l'arbre à lait, de l'arbre à pain, toi ma patrie ! Dans les feuilles j'entends tes grillons, tes cigales, le grincement rouillé de leurs machineries. Je suis l'homme des aras et des perroquets... Colomb m'a découvert dans l'île et embarqué  avec sa cargaison de fruits et de trésors  et ses oiseaux indiens destinés à l'Europe...   J'ai suivi Bolivar, ses mendiants héroïques, par des pays d'étuve éternelle. Aux Tropiques,  j'ai... [Lire la suite]
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16 mars 2018

Henri de Régnier (1864 – 1936) : Le jardin mouillé

  Le jardin mouillé   La croisée est ouverte ; il pleut Comme minutieusement, À petit bruit et peu à peu, Sur le jardin frais et dormant.   Feuille à feuille la pluie éveille L'arbre poudreux qu'elle verdit ; Au mur, on dirait que la treille S'étire d'un geste engourdi.   L'herbe frémit, le gravier tiède Crépite et l'on croirait là-bas Entendre sur le sable et l'herbe Comme d'imperceptibles pas.   Le jardin chuchote et tressaille, Furtif et confidentiel ; L'averse semble maille à... [Lire la suite]
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15 mars 2018

Jean-Paul Guibbert (1942 -) : Stèle d’un mystique étranger

  Stèles d’un mystique étranger   Celui  qui  dort ne dort pas, celui qui meurt ne  meurt  pas. Passant  qui passe, ne passe pas, n’éveille pas, ne recherche pas mes trois âmes ! Observe  le  milieu  du   monde,  entrouvre délicatement  les gouttes de  ce jour, enlève les fruits en secret, garde-les dans tes mains fermées  et  garde-toi.  Fais   de   ton   doigt posé le signe de te taire et tu... [Lire la suite]
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14 mars 2018

Jules Laforgue (1860- 1887) : Les après-midi d’automne

  Les après-midi d'automne   Oh! les après-midi solitaires d'automne! II neige à tout jamais. On tousse. On n'a personne. Un piano voisin joue un air monotone ; Et, songeant au passé béni, triste, on tisonne.   Comme la vie est triste! Et triste aussi mon sort. Seul, sans amour, sans gloire ! et la peur de la mort ! Et la peur de la vie, aussi ! Suis-je assez fort ? Je voudrais être enfant, avoir ma mère encor.    Oui, celle dont on est le pauvre aimé, l'idole, Celle qui, toujours prête,... [Lire la suite]
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13 mars 2018

La Bible : Les lamentations

  Les Lamentations   I Comme elle est désertée, la populeuse ! Comme, après tant d’honneurs, la voilà veuve ! La reine des nations est aux corvées.   Ses pluies sont des sanglots, les pleurs l’inondent. Pas un consolateur sur tant d’amants. Ses amis n’ont cherché qu’à la trahir.   Son peuple est asservi et déporté. Il n’a chez les nations aucun repos. C’est aux lieux sans issues qu’il est traqué.   Plus de fêtes à Sion : chemins en deuil, Portes abandonnées, prêtres en larmes, ... [Lire la suite]
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12 mars 2018

Claude Esteban (1935 -2006) : « Dans le vide qui vient… »

  Dans le vide qui vient   là où s’offusque l’ombre intermédiaire          un autre arbre jaillit        poussière du soleil   sans branches sans échos de haches, sans brisures.        Et cet embrasement de l’air plus rude que nos feux. * Surgir plus haut que l’air.          Vos racines ont pourri dans la poussière opaque ... [Lire la suite]
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