31 mars 2018

Lieou Hi-yi (651 ? – 678 ?) : Complainte des cheveux blancs

  Complainte des cheveux blancs   Sous les murs de Lo-yang, à l’Est, fleurs de pêcher, fleurs de prunier,      Voltigent çà et là… et vont tomber chez qui ? Il est à Lo-yang une fille au beau visage :      Oisive, elle voit les fleurs tombées, et pousse un long soupir. Cette année, les fleurs tombent, les beaux visages changent ;      L’an prochain, qui vivra quand les fleurs s’ouvriront ? Elle a vu des pins, des cyprès, réduits en... [Lire la suite]
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30 mars 2018

Eugène Guillevic (1907 – 1997) : Bergeries

  Bergeries   Suppose   Que je vienne et te verse Un peu d’eau dans la main   Et que je te demande De la laisser couler   Goutte à goutte Dans ma bouche.       Suppose   Que le vol d’un oiseau Nous invite au voyage   Et que je te demande De nous blottir en lui   Pour avec lui voler A travers ta pénombre.       Suppose   Que près de toi mes jours Aient un cours trop rapide   Et que je te demande De faire de mon temps ... [Lire la suite]
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29 mars 2018

Lorand Gaspar (1925 -) : Nuits

  Nuits   Un soir devant la cheminée à Sain-Rémy-du-Val Pour Hédi   craquements épars décousus hérissés du bois de loin en loin le tracé rouge d’un tir les éclats   d’une langue oubliée ou qui sait à l’état de tessons, bris de bonds, de rumeurs et de vents stellaires ou le simple froissement de nos silences   prennent-ils feu aussi à un moment ces flammes sont-elles comme une danse qui cherche ses racines dans la nuit vécues, senties au long d’une vie   dehors la nuit est blanche,... [Lire la suite]
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28 mars 2018

Nazik al –Malaïka (1923 – 2007)) / نازك الملائكة : Jeunesse

  Jeunesse   C’est en vain que tu rêves, ô poétesse mienne, entre un matin et un soir, sans répit, à ce qu’est cette existence.   C’est en vain que tu demandes pourquoi le secret n’est pas dévoilé, pourquoi l’on ne t’accorde pas le don de briser les chaînes.   A l’ombre du saule, tu as passé tes heures dans la perplexité, sous les coups douloureux que t’infligeaient ces énigmes,   questionnant l’ombre, alors que l’obscurité ne sait rien et que les destinées connaissent tout ce qu’elle... [Lire la suite]
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26 mars 2018

Jack Kerouac (1922 – 1969): 66ème chorus / 66th chorus

  66éme chorus   Loi du Dharma        Dit    Toutes choses sont faites                 de la même chose           qui est un rien   Tous les riens sont les mêmes                    que les quelque choses ... [Lire la suite]
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26 mars 2018

James Joyce (1882 -1941) : Poèmes d’Api / Pomes Penyeach

  Poèmes d’Api  I Terroir   A la suite d’un soleil d’hiver il va Pressant le bétail sur la route froide et rouge Les excitant de cette voix qu’elles entendent tous les jours Il mène ses bêtes au-dessus de Cabra   La voix leur dit l’abri et la tiédeur Elles meuglent leurs sabots font une musique frustre Il les pousse devant lui avec une branche vive Et leur front s’empanache de vapeur   Rustre serf du troupeau Etends-toi devant le feu tout de ton long ce soir Je saigne au bord de l’eau noire ... [Lire la suite]
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25 mars 2018

Zbiniew Chojnowski (1962 -) : Basia

  Basia   Elle avait les cheveux noirs, les yeux cernés, s’habillait en silence, attendait chaque matin l’autobus sous un tilleul, comme moi aujourd’hui. Mais c’est elle qui n’est plus là. Sniardwy, 1993 Traduit du Polonais par Frédérique Laurent In, « Terra nullius, une anthologie de la poésie contemporaine de Varmie et Mazurie ». Editions Folle Avoine, 35023 Bédée, 2004 Du même auteur : « Nous marchions dans le souffle du printemps… » (25/03/2016) Lac gelé (25/03/2017)
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24 mars 2018

Pierre Dalle Nogare (1934 -1984) : « Tu es clos dans ta chair… »

  Tu es clos dans ta chair. Les mots te lèchent Le squelette, Tu vois Loin de ton œil Des nerfs, des muscles, Des organes. Quelqu’un En toi se fracasse Et tu es déchiré Entre paupières et mémoire. Tu es debout Avec la clameur de tes Toi : Alors je te romps, Te parle de l’essaim Des neiges Et ma main touche la Nuit. * Là, en sommeil, Un corps existe A détruire la Nuit : Tu marchais en moi La grande épousée, Ta douceur était une ronce Et loin des forêts Des portes closes se levaient. Tu... [Lire la suite]
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23 mars 2018

Bohuslav Reynek (1892 – 1971) : Les pieux

  Les pieux   Pieux orphelins d’une clôture, cordes clouées, muettes, vous savez la solitude. Ignorez les ailes.   Tiges sans nostalgie pour l’épi de l’exaucement dont vous êtes privées. Sans face, sans étonnement. Eteules terrifiées.   D’années maigres membres décharnés, enclos dans l’attente. Nœuds dans les paumes. Talons pris dans la terre. De genoux, point.   Traduit du tchèque par Petr Král in,"Anthologie de la poésie tchèque contemporaine, 1945 - 2000" Editions Gallimard, (Poésie),... [Lire la suite]
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21 mars 2018

Anjela Duval (1905 – 1981) : Dans le bois / Er c’hoad

  Dans le bois   Sur le tapis mou du bois Avancer à pas de velours S’asseoir à votre pied Dans le clair-obscur et le silence. Loin des querelles du monde. Ecouter le bruissement de votre feuillage… Et caresser alternativement De la main et de l’œil… Vous appelez à voix basse Par vos noms merveilleux : Chêne blanc. Tremble Erable. Charme Bourdaine. Osier. Bouleau blanc Mes mille amis muets !… 2 décembre 1967   Traduit du breton par Paol Keineg Du même auteur : Poèmes de jour, poèmes... [Lire la suite]
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