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Stèles d’un mystique étranger

 

Celui  qui  dort ne dort pas, celui qui meurt

ne  meurt  pas. Passant  qui passe, ne passe

pas, n’éveille pas, ne recherche pas

mes trois âmes !

Observe  le  milieu  du   monde,  entrouvre

délicatement  les gouttes de  ce jour, enlève

les fruits en secret, garde-les dans tes mains

fermées  et  garde-toi.  Fais   de   ton   doigt

posé le signe de te taire et tu mourras

ainsi comme nous tous.

Je souhaite ta louable tristesse, la compassion

inutile    sur    ton   visage   obtus,   enfin    la

grâce ultime de n’avoir rien saisi de

mon enseignement dérisoire.

 

Images de la mort douce

Editions Clivages, 1974

Du même auteur :

Voix ailée et vaine de Béatrice (06/02/2015)

Stèle d’une courtisane (15/03/2016)

Tombe de jeune homme (15/03/2017)