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Les après-midi d'automne

 

Oh! les après-midi solitaires d'automne!

II neige à tout jamais. On tousse. On n'a personne.

Un piano voisin joue un air monotone ;

Et, songeant au passé béni, triste, on tisonne.

 

Comme la vie est triste! Et triste aussi mon sort.

Seul, sans amour, sans gloire ! et la peur de la mort !

Et la peur de la vie, aussi ! Suis-je assez fort ?

Je voudrais être enfant, avoir ma mère encor.

 

 Oui, celle dont on est le pauvre aimé, l'idole,

Celle qui, toujours prête, ici-bas nous console !...

Maman ! Maman ! oh ! comme à présent, loin de tous,

 

Je mettrais follement mon front dans ses genoux,

Et je resterais là, sans dire une parole,

À pleurer jusqu'au soir, tant ce serait trop doux.

 

Les Complaintes

Léon Vanier, Libraire-éditeur, 1885

Du même auteur :

Rosace en vitrail (09/09/2015)

L’hiver qui vient (09/09/2016)