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Dans le vide qui vient

 

là où s’offusque l’ombre

intermédiaire

 

       un autre arbre

jaillit

       poussière du soleil

 

sans branches

sans échos de haches, sans

brisures.

      

Et cet embrasement de l’air

plus rude que nos feux.

*

Surgir

plus haut que l’air.

 

       Vos racines

ont pourri dans la poussière

opaque

                              solstices, vieux soleils –

 

*

Tenaces

 

avides de savoir qui vient

qui va survivre

 

dès lors qu’on a scruté le temps.

 

                         Et notre usure

n’a pas lieu de lire

l’origine.

 

               Toutes les choses

écrites

            et le soleil devant –

 

la pierre blanche dérisoire.

*

Elles.

 

Ensommeillées de tâches sans légendes

 

plus dures

que le fer des astres.

 

                                        Cendre et nuit.

*

Qu’elles aient pris

plus bas

la route obscure de l’usage

 

n’a pas suffi.

 

                    Murailles

sur le ciel.

Et les lèvres contradictoires

nomment ce qui sera

parmi les gerbes qui pâlissent.

 

Moisson contre moisson.

 

                              Derrière le désir

lève un soleil unique.

*

Mais du principe ne demeure

que cette graine étroite

 

où l’être cependant

surgit

 

voisin des routes de béance.

 

Et l’air le brasse infiniment.

 

l’ombre du souffle

le ranime

 

               jusqu’à la terre

inentamée

               qui reconnaît le germe

et le démembre.

 

Dans le vide qui vient

Maeght éditeur, 1976

Du même auteur :

« Quand on a souffert trop longtemps… » (10/06/2014)

 Croyant nommer (10/10/2015