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Danse du sabre au village de Haratai

(mental sketch modified)

 

     Dah-dah-dah-dah-dah-sko-dah-dah

Ce soir déguisement sous le croissant de lune

Sur les têtes plumes de coq noires

Et la lame des sabres brille

Jeunes danseurs du village de Haratai !

Sève rose du printemps

Jetée dans l’amertume des fermages alpins

Feu vert de l’aurore d’une vie

Offert à la lumière et au vent des plateaux

Vêtements de tilleul et de cordes tressées

Guerriers de l’air, oh, mes compagnons !

Puisque l’azur si bleu est trop profond

Rassemblez la tristesse des chênes et des hêtres !

Levez vos torches sur ces montagnes de serpentine

Secouez les cheveux des cyprès

Et dans le ciel odeur de coing

Allumez les nouvelles nébuleuses !

     dah-dah-sko-dah-dah

Peau d’humus et de terre

Muscles d’acide froid

Impatience dans le soleil et dans le vent des mois

Pères vénérés par tant d’années de ferveur !

Ce soir, pour la fête des bois et de la Voie lactée

Sur la ligne où le plateau rejoint le ciel

Battez plus forts vos tambourins

     Ho ! ho ! ho !

          Il était une fois un prince rebelle du Hokkaido

          Un antre obscur de deux lieues

          Passent les rêves et le dieu de la nuit

          Tête coupée et bain de sang

Et Andromède est secouée dans la torchère

          Vantardise des masques bleus

          Sous les sabres, clapotis

          Tarentelle dans les vents de la nuit

          Les estomacs vomis, cliquetis

     dah-dah-dah-dah-dah-sko-dah-dah

Ah ! Croisez plus près vos lames

Faites descendre les feux verts de la foudre

Appelez les démons nocturnes des quatre coins du monde

Et toute cette nuit où la sève tremblera

Faites voltiger sur terre vos tuniques rouges

Pour rendre hommage aux nuages de grêle et aux vents

     dah-dah-dah-dah

Le vent du soir mugit et les cyprès se troublent

La lune répand ses flèches d’argent

Frapper et mourir toute est vie d’étincelles

Tant que ne disparaîtront pas les crissements du fer

     dah-dah-dah-dah-dah-sko-dah-dah

Les sabres brillent comme l’éclair bruissent comme les herbes

La pluie de feu se disperse dans le Lion

Et s’évanouit dans la Galaxie

Frapper ou mourir n’est-ce pas la même vie

    dah-dah-dah-dah-dah-sko-dah-dah

 

Traduit du japonais par Nao. Yuki Sawada et Felicia Fuster

In, Revue « Vagabondages, N°77, Janvier/Février/Mars 1990

Association Paris-poète, 1990

Du même auteur :

Le matin de la séparation (08/03/2015)

Le printemps et le démon Asura (08/03/2016)

Aiguilles de pin (08/03/2017)