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La lamentation sur Daniel dans la terre

 

Daniel, Daniel, cria la femme.

Daniel, Daniel, pourquoi ne viens-tu pas ?

Des gens marchaient dans les rues en souliers gris

en pas fugitifs et silencieux.

Le soir venait. La femme a cueilli le reste

des fruits et les a entassés dans un lieu convenable

sur le balcon.

Daniel, Daniel, retentit le cri.

Le silence

monte la rue, s’écoule avec le vent d’un arbre à l’autre.

La femme appelle toujours pour rien.

Sa force n’est pas grande. Elle est toute de terre et de peur

dans la détresse. Elle est chaude. Terrible semble le cri,

parce qu’il s’est détaché sans sagesse.

Daniel, Daniel ! quelle est cette froide tension qui passe

et murmure dans la chair pâle. Daniel, Daniel, ne déçois-pas

ta mère. Le temps déjà passe. Daniel prend garde. Daniel au sommeil

     rouge et aux dents

terribles. Doux sera ton sommeil, Daniel, dans la terre.

 

Traduit de l’hébreu par Michel Eckhard et Benyamin Ziffer

Revue « Poésie1, N° 116, Mars-Avril 1984 »

Le Cherche-Midi éditeur, 1984