30 janvier 2018

Tomas Tranströmer (1931 - 2015) : Novembre aux reflets de nobles fourrures

  Novembre aux reflets de nobles fourrures   C’est parce que le ciel est gris que la terre s’est mise à briller : les prairies et leur verdure timide, le sol labouré et noir comme du sang caillé.   Il y a les murs rouges d’une grange. Et des terres submergées comme les rizières lustrées d’une certaine Asie – où les mouettes s’arrêtent et se souviennent.   Des creux de brume au milieu de la forêt qui doucement s’entrechoquent. L’inspiration qui vit cachée et s’enfuit dans les bois comme Nils... [Lire la suite]
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29 janvier 2018

Jean de La Croix / Juan de La Cruz (1542 – 1591) : Cantique spirituel / Cántico espiritual

      Cantique spirituel Strophes échangées par l’âme et l’Epoux.                                 I                           L’EPOUSE           Où t’es-tu caché Aimé me laissant en gémissant ... [Lire la suite]
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28 janvier 2018

Walt Whitman (1819-1892) : Départ pour Paumanok / Starting from Paumanok

  Départ à Paumanok   1 Ayant pris mon départ à l’île-poisson Paumanok, Solide de conception, éduqué à la perfection par ma mère, Coureur ayant couru mille pays, amoureux des foules qui se bousculent aux         trottoirs, Citoyen résidant à Manhattan mais n’habitant pas moins les savanes du Sud, Soldat dans son campement ou encore sac et fusil à l’épaule ou encore mineur      en Californie, Ou bien perdu dans les profondeurs de mes bois du Dakota, vivant à la... [Lire la suite]
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27 janvier 2018

Bernard Noël (1930- ) : Fable

  Fable   L’espace apprend à déparler tout devient regard   le corps se remplit de lointain l’os oublie qu’il est pierre   faute de bouche au bout du temps les fables prennent l’air   qui saura étendre le vent comme les sauniers éteindraient la mer   et lui reprendre les mots comme ils en retiraient le sel   sur la minceur des images la poussière joue à la vie   sur l’épaisseur de la langue la vie retient la vie   In, « Il fait un temps de poèmes. Textes... [Lire la suite]
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26 janvier 2018

Aimé Césaire (1913 – 2008) : « Soleil serpent… »

  œil fascinant mon œil et la mer pouilleuse d’îles craquant aux doigts des roses lance-flamme et mon corps intact de foudroyé l’eau exhausse les carcasses de lumière perdues dans le couloir sans pompe des tourbillons de glaçons auréolent le cœur fumant des corbeaux nos cœurs c’est la voix des foudres apprivoisées tournant sur leurs gonds de lézarde transmission d’anolis au paysage de verres cassés c’est les fleurs vampires à la relève des orchidées élixir du feu central feu juste feu manguier de nuit couvert... [Lire la suite]
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25 janvier 2018

Antonin Artaud (1896 – 1948) : « Les êtres /ne sortent pas … »

  Les êtres ne sortent pas dans le jour extérieur   Ils n’ont d’autre pouvoir que de jaillir dans la nuit souterraine où ils se font.   Mais depuis des éternités qu’ils passent leur temps et le temps à se faire ainsi pas un ne s’est jamais produit.   Il faut attendre que la main de l’Homme les prenne et les fasse car seul l’Homme inné et prédestiné                a cette redoutable ... [Lire la suite]
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24 janvier 2018

Robert Marteau (1925 – 2011) : Brindilles au ciel

  Brindilles au ciel, je m’imagine qu’un homme Pourrait, chaque jour, attentif à cela seul, L’arbre, consacrer à sa croissance sa vie, Acquiesçant, acquérant par ce soin assidu Connaissance autre contre quelconque désir De savoir ; qu’il comprendrait, livré à la joie, Par superstition l’envers vide où plus rien Ne résiste à être identifié par qui Ne prononce pas en vain le nom ; connaîtrait, Voué en pure perte au temps, l’accès, non qu’il Voulût, s’étant défait de tout gain, gagner Dieu Sait quoi ;... [Lire la suite]
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23 janvier 2018

André Breton (1896 – 1966) : La lanterne sourde

  La lanterne sourde A Aimé Césaire, Georges Gratiant, René Ménil.          Et les grandes orgues c'est la pluie comme elle tombe ici et se parfume : quelle gare pour l'arrivée en tous sens sur mille rails, pour la manœuvre sur autant de plaques tournantes de ses express de verre ! A toute heure elle charge de ses lances blanches et noires, des cuirasses volant en éclats de midi à ces armures anciennes faites des étoiles que je n'avais pas encore vues. Le grand jour de préparatifs... [Lire la suite]
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18 janvier 2018

René-Guy Cadou (1920 – 1951) : Celui qui par hasard

      Celui qui entre par hasard   Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui Que chaque nœud du bois renferme davantage De cris d'oiseaux que tout le cœur de la forêt Il suffit qu'une lampe pose son cou de femme À la tombée du soir contre un angle verni Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris Car tel est le bonheur de cette solitude Qu'une caresse toute plate de la main Redonne à ces... [Lire la suite]
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17 janvier 2018

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Le Loup et le Chien

  Le Loup et le Chien          Un Loup n'avait que les os et la peau,        Tant les Chiens faisaient bonne garde. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau, Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.        L'attaquer, le mettre en quartiers,        Sire Loup l'eût fait volontiers.        Mais il fallait livrer bataille, ... [Lire la suite]
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