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œil fascinant mon œil

et la mer pouilleuse d’îles craquant aux doigts des roses

lance-flamme et mon corps intact de foudroyé

l’eau exhausse les carcasses de lumière perdues dans le couloir sans pompe

des tourbillons de glaçons auréolent le cœur fumant des corbeaux

nos cœurs

c’est la voix des foudres apprivoisées tournant sur leurs gonds de lézarde

transmission d’anolis au paysage de verres cassés c’est

les fleurs vampires à la relève des orchidées

élixir du feu central

feu juste feu manguier de nuit couvert d’abeilles mon

désir un hasard de tigres surpris  aux soufres mais l’éveil

stanneux se dore des gisements enfantins

et mon corps de galets mangeant poisson mangeant

colombes et sommeils

le sucre du mot Brésil au fond du marécage

 

Les Armes miraculeuses

Editions Gallimard, 1946

Du même auteur :

 « Je retrouverais le secret des grandes communications… » (25/01/2014)

En guise de manifeste littéraire (25/01/2015)

Et les chiens se taisaient (26/01/2016)

Fragments d’un poème (26/01/2017)

A l’Afrique (26/01/2019)