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Brindilles au ciel, je m’imagine qu’un homme

Pourrait, chaque jour, attentif à cela seul,

L’arbre, consacrer à sa croissance sa vie,

Acquiesçant, acquérant par ce soin assidu

Connaissance autre contre quelconque désir

De savoir ; qu’il comprendrait, livré à la joie,

Par superstition l’envers vide où plus rien

Ne résiste à être identifié par qui

Ne prononce pas en vain le nom ; connaîtrait,

Voué en pure perte au temps, l’accès, non qu’il

Voulût, s’étant défait de tout gain, gagner Dieu

Sait quoi ; grain à grain, conduirait sa route nulle,

Sans marques, à la source au moins de la mémoire ;

Y ferait de bois neuf la flûte, non la croix. 

(Berge des Tuileries, février 1987)

 

In, « Arpentage de la poésie contemporaine »

Trois Cailloux – Maison de la Culture d’Amiens éditeur

Collection « In’hui », Amiens, 1987

Du même auteur :

 « Ne fais pas de ta vie un désert… » (27/08/2014)

« C’est ce que j’aime… » (27/08/2015)

« Un arbre éperdument… » (27/08/2016)

« Quelque chose au ras de l’eau... » (01/06/2019)