Sabine_et_Dickette_222_1_

 

Chemins du Nord

 

Lorsque « je pâlissais au nom de Vancouver »

et que j’étais du Nord,

trop de froid traversait ma pelisse d’hiver

et mon bonnet de bêtes mortes.

Mes frères chassaient les oursons

jusqu’au fond des grottes de fées;

du sang parlait sous leurs trophées,

les Tomtes se cachaient, le vent hurlait aux portes

et la glace barrait les fjords

lorsque j’étais du Nord.

Murs blancs du froid, prison.

Je ne voyais jamais passer Nils Holgerson.

Selma, Selma, pourquoi m’aviez-vous oubliée?

Il fallait naître à Morbacka, le jour de Pâques.

Je savais bien pourtant que j’étais conviée…

 

 

Les poèmes de Sabine Sicaud

Editions Stock, 1964

Du même auteur :

«Vous parlez ? (05/01/2016)

 N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili… » (05/01/2017)