Saint_Amant_1_

 

Assis sur un fagot, une pipe à la main,

Tristement accoudé contre une cheminée,

Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée,

Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.

L'espoir, qui me remet du jour au lendemain,

Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée,

Et, me venant promettre une autre destinée,

Me fait monter plus haut qu'un empereur romain.

Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,

Qu'en mon premier état, il me convient descendre,

Et passer mes ennuis à redire souvent :

Non, je ne trouve point beaucoup de différence

De prendre du tabac à vivre d'espérance,

Car l'un n'est que fumée, et l'autre n'est que vent.

 

Du même auteur :

Le soleil levant (14/10/2015)  

La solitude  (21/12/2016)

 

Le paresseux (21/12/2018)