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Chanson de cavalier

 

 

Cordoue

Lointaine et solitaire.

 

Cheval noir, grande lune,

Des olives en ma sacoche.

Bien que j’en sache les chemins

Jamais je n’atteindrai Cordoue.

 

Par la plaine, par le vent

Cheval noir, lune rouge.

La mort est là me regardant

Du haut des tours de Cordoue.

 

Ah ! qu’il est long le chemin.

Ah ! mon valeureux cheval.

Dire que la mort m’attend

Sur la route Cordoue.

 

Cordoue

Lointaine et solitaire.

 

Traduit de l’ espagnol par Claire Roy

in, Federico Garcia Lorca :"Romancero gitan et poèmes "

Editions Pierre Segers, 1964

 

Chanson de cavalier

 

Cordoue

Lointaine et seule.

 

Lune grande, jument noire,

Olives dans le bissac,

J’ai beau connaître la route

je n’atteindrais pas Cordoue.

 

Par la plaine, par le vent,

Jument noire, lune rouge,

La mort là-bas me guette

Depuis les tours de Cordoue.

 

Ah, ma jument valeureuse 

Quelle interminable course !

Je sais que la mort m‘attend

Sur le chemin de Cordoue !

 

Cordoue

lointaine et seule.

 

Traduit de l’espagnol par André Belamich

in, « Anthologie bilingue de la poésie espagnole »

Editions Gallimard (Pléiade), 1995

 

Chanson de cavalier

 

Cordoue :

lointaine, seule.

 

Cheval noir, pleine lune,

et dans ma besace, des olives.

A Cordoue, jamais je n’arriverai

bien que je sache le chemin.

Par la plaine, par le vent,

cheval noir et lune rouge.

La mort me regarde

du haut des tours de Cordoue.

Combien est long le chemin !

Ah, mon cheval courageux !

Pauvre de moi, la mort m’attend

avant l’arrivée à Cordoue

 

Cordoue !

lointaine ! seule !

 

Traduit de l’espagnol par Jacinto- Luis Guereña

in « Anthologie bilingue de la poésie espagnole contemporaine »

Gérard & C° (Marabout Université), Verviers (Belgique), 1969

 

 

 

 

Du même auteur :

La guitare / la guittara (04/11/2014)

Chant funèbre pour Ignacio Sánchez Mejías / Llanto por Ignacio Sánchez Mejías (19/12/2015) 

Embuscade / Sorpresa (19/12/2016) 

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« Gacela » de la mort obscure / Gacela de la muerte obscura (19/12/2019)

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La ballade de l’eau de mer / La balada del agua del mar (19/12/2021) 

 

 

Canción de Jinete

 

Córdoba. 

Lejana y sola.

 

Jaca negra, luna grande, 

y aceitunas en mi alforja. 

Aunque sepa los caminos 

yo nunca llegaré a Córdoba.

 

Por el llano, por el viento, 

jaca negra, luna roja. 

La muerte me está mirando 

Desde las torres de Córdoba.

 

¡Ay qué camino tan largo! 

¡Ay mi jaca valerosa! 

¡Ay que la muerte me espera, 

antes de llegar a Córdoba!

 

Córdoba. 

Lejana y sola.

Canciones (1921 – 1924)

Poème précédent en espagnol :

José AgustínGoytisolo : Sans savoir comment / Sin sabercómo (25/11/2017)

Poème suivant en espagnol :

Jean de La Croix / Juan de La Cruz : Cantique spirituel / Cántico espiritual (29/01/2018)