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Midi

 

Il est tombé - dit-on –

plume noire et plume blanche

sa soif traînant

en immense branchage

et donnez-moi - dit-on – ce sourire

et ce géranium !

 

Les portes battues parlent d’or

Le vent durcit en coquillage

Descends - tu le peux –

de ton chariot de victoire

pour un triomphe plus amer

pour une marche plus charnelle

 

Lève ton cœur comme vipère

ma petite tuile d’orgueil…

 

On écoute tourner le vin

noircir le sang

changer le sable

 

On écoute pourrir

comme une musique de terre

quelqu’un de seul

 

Et que s’écrase la pleine candeur

à rendre sourd

à pleines forces contre tout

 

Tu tends les mains au plus

lointain du feu

Ta voix circule dans la pierre

Quelle chanson désormais pour

noyer le soleil ?

Non ! Rien !

Tout au plus au petit jour

une hâte lasse et

- barrant le visage-

l’ancien supplice désamorcé

 

Le dessin était pur qui verrouillait

l’espace !

Nids blancs à fond de ciel

Mains de bois dur sans espérance

C’est midi qui se ferme

comme un objet.

 

Fournaise obscure

Pierre Jean Oswald éditeur, 1967

Du même auteur :

…Un miroir (15/12/2016)

 

Raison sociale (15/12/2018)