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à Armande

 

marcher sur des chemins provisoires

pavés de coquillages brisés

de gamberges inabordées parce qu’inabordables

lasse le gris froid qui plisse entre les lèvres

et la morsure du silence comme sable

où le sang s’infiltre négligemment

un jour est nécessaire d’amour

des mots qui portent les yeux à l’ébloui de l’autre

des errances qui s’improvisent sous les caresses de l’autre

et tous deux d’étreintes à pleins corps

ébahis pour des étés à se lécher le cœur

alors

qui comme nous demeurent sur cette rive-ci

bruissent sous la dune des aubades intemporelles

ce devenir qui te fait fleur dans l’âme

comme pour renaître alentour cet autre continent

qui nous laisse l’écharde de ton départ

cependant que le bonheur de toi

porté part out ces vents

aux mouvements dociles comme des poèmes

te savoir à pleine vie

et qu’importe le lieu

 

in, Revue « le nouvel Ecriterres », N° 4 Hiver 1990/91 »

29720 Plonéour-Lanvern, 1991

Du même auteur :

« Sans forfanterie aucune… » (29/09/2014)

« Coincées entre la coque et le vivier … » (07/12/2015)

Toull Lech’id (07/12/2016)