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Lorsque s’agite et joue la plaine jaunissante

Et la jeune forêt frisonne au vent léger,

Et que sous un feuillage aux ombres caressantes

La cerise mûrit dans l’enclos d’un verger ;

 

Lorsque dans l’aube d’or, le feu d’un crépuscule,

Scintillant, arrosé de gouttes embaumées,

Le muguet argenté sous un taillis ondule

Et salue doucement, me laissant désarmé ;

 

Quand les sources glacées se réveillent, s’épandent,

Et plongent la pensée dans un songe indistinct

Et balbutient un chant tout empli des légendes

De leur pays natal, intangible et lointain ;

 

Alors au fond du cœur l’inquiétude s’éclaire

Et les rides s’en vont de mon front soucieux,

Et je peux concevoir un bonheur sur la terre,

              Et Dieu m’apparaît dans les cieux…

 

1837

Traduit du russe par André Markowicz

In, « Le Soleil d’Alexandre, le cercle de Pouchkine, 1802-1941 » 

Editions Actes Sud,2011

Du même auteur :

« De ma geôle ouvrez-moi la grille… » (15/11/2015)

La voile / Парус (15/11/2016)