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Pluie

 

Elle se pose, couvre la terre, la pénètre

Doucement – aussitôt ses racines s’émeuvent –

Puis touche les formes nubiles du printemps.

 

Silence bienheureux des végétations,

Inondées d’un plaisir, lent à naître, où s’ébranlent,

Dans l’ombre, vers le jour, les sèves délivrées.

 

*

Elle

        s’enfonce

                          hésite aux seuils

                                                       cherchant l’abîme.

Par les cheminements qu’elle sait du déluge,

Elle atteint, enfin, les rives des étangs morts ;

 

Où les dieux du chaos à tête de poisson,

Aveugles, ouvrent leurs gueules vers la promesse

Faite par ceux d’en haut à leurs frères profonds.

 

In, "La Nouvelle Revue Française, N° 280, avril 1976"

Editions Gallimard, 1976

 

Du même auteur :

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« J’ai la nostalgie d’une plaine d’herbes... » (24/06/2016)

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