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     Tu dis « je vais à ta rencontre » et tu marches vers toi-même. Tu coules

à pic dans le matin, tentes un premier pas. La fin du jour est tienne. Semence

cachée, tu entres dans le désordre de ton village. Tu ne reconnais plus ta nudité,

ni ce qui chuchote en toi. T’y demeures là et tu pleures, sans royaume, sans

frontière, dans le prodige de la nuit et du renoncement. C’est cela le premier

mot, un endroit d’herbes longues, de vipères, de coupures sur la peau. Rien

devant toi. Le premier pas.

 

La fraîche évidence

Edition Lettres Vives,1995

Du même auteur :

 « On ne peut pas s’empêcher de mourir » (30/10/2014)

« La main, en écrivant… » (12/10/2016)