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Nahayar

 

Au plus suave du parfum, plus parée

Que la séduction, plus que le jour à sa pointe,

Elle fut. La beauté fut. Branches épanouies soudain,

Arpège d’une écharpe au coulant de la taille,

Son nom est fruit du jasmin.

O papillon, papillon, calme tes ailes !

Naya est fille de l’esprit. Quelle orgueilleuse étincelle

L’a proférée pour l’humiliation du soleil !

Plénière, la voici. Colline de roses, sa hanche ?

Colline d’épées nues ?

Furtive, elle a touché sa hanche, pas longtemps

De peur qu’elle ne s’évade sur l’odeur des fleurs.

Touché, de ses doigts d’aube taillés

Qui font jalouses les belles d’alentour,

Et impatientes, les marguerites à effeuiller.

Tant pis pour les jardins déserts !

Dans l’informulé dort une couleur.

Elle dort. Personne n’a ébauché son nom.

Orange ou blanche ? Non, c’est une chanson

Pure, plus que la transparence

Aux formes d’un visage. Elle prend ce visage.

Il apparaît, et la brise s’emplit de grâce ;

 

Et puis, et enfin, et surtout,

De tes yeux, tu as vu notre terre !

O cascadante, ô flamboyante, ô vie éclatée !

 

Traduit de l’arabe par Luc Norin et Edouard Tabaray

In, revue « « Vagabondages, N°31, Juin 1981 »

Association Paris-poète

Librairie Séguier, 1981