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     Dès l’aube, la brume cherche un éclat de vie dans les yeux des ramasseurs

de pommes de terre.

*

     Le braconnier n’ose plus bouger. Il est persuadé que la brume a changé de

place à ses collets.

*

     Des fois la brume s’absente pour une urgence à 2000 mètres au-dessus de

nos têtes. On ne la voit plus mais on la devine au travail, tissant sans relâche

des coussins doux pour les avions de La Pan Am ou de la Luftansa.

*

     L’espèce de fumée blanche qui vaque, les coudes posés sur les mottes de

terre du cimetière, n’a aucun lien de parenté avec la brume. Il s’agit, simplement,

de la petite haleine des morts.

 

Revue « Le nouvel Ecriterres, N° 5, printemps 1991

29720, Plonéour-Lanvern, 1991

Du même auteur : « J’ouvre le livre… » (03/10/2016)