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Mais si…

 

Et si dans les raisins

       l’automne ne venait

               plus

        ni la lumière

       dans la dernière goutte

               du soleil

       ni dans les yeux

               ce qui mûrit et renaît ?

 

Si plus une bouche

       pour éclairer

plus un regard

       pour défricher

n’échappait à la cendre ?

 

Rien que le noir

       comme une foudre

       qui n’en finirait pas

de calciner ce qu’elle touche

       la tache de la terre

               bourdonnante

       de mouches radioactives ?

 

Mais si tous les corps un par un

       toutes les bouches

                                     tous les yeux

formaient un mur de leur lumière

       seule la mort au pied du mur

               serait délébile

et nul feu noir nulle éponge de cendre

n’effaceraient mémoire de la vie

     au tableau de l’arbre et du blé

            et dans la grappe du soleil

                    de goutte en goutte

                            poindrait l’éclair

            de l’automne comme un baiser.

 

Pour la paix. Les plus beaux poèmes

Editions Messidor / Temps actuel, 1983

Du même auteur :

Mère (12/08/2014)

Hors-saison (12/09/2015

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