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Tô-Bod

 

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IV

Sois loué, Thibet inhumain, pour ce front masqué de glaciers ;

                    (Je n’y vois d’insolites visages…)

- Marmonnants mufles de mes yacks, chanfreins de mes chevaux d’acier, -

                    (Je n’y vois d’insolites visages…)

Pour ton blason sans traits ni teint ; pour ta figure d’icoglan

                    (Je n’y vois d’insolites visages…)

Je veux dire ici : vision soudaine d’un Etre de l’autre clan,

                    D’Elles, en leur magiques mirages !

Larves douces douloureuses plus que tout remord vicieux

                   Je veux dire, ici, ces Paysages 

Vivants : deux sourcils, et un front, des joues amantes, et des yeux

                    Si lourds avec ce regard d’orage ;

Ces puits effrayés de se voir ; et cette source des dieux :

                   La bouche avec ses pouvoirs de rage,

Demi-mouvante demi-nue, et bue et buvante à son gré,

                    Tout l’Etre aux horizons de naufrage ;

Dans la trame du monde vrai si radieuse en ses ravages,

                    Sans jamais s’y laisser intégrer !

 

V

Terre ! Terre ! Surhaussement du Continent plus que lui-même

                    Roi, - se couronnant sur ton pouvoir.

A travers lui les vassaux vont et viennent, mouvant diadème

                    Portant la rançon de leurs savoirs.

Ceux qui s’élancent sur des pieds à sabots griffus de démons ;

                    Les filles qui marchent d’un bond libre ;

Et ces longs serpents de tes eaux, nés du plus pur jet de tes monts :

                    Grands fleuves cherchant leur équilibre !

A travers gorges et ressauts sautant, roulant, fluant, bavant,

                    Ils mènent leur course à l’embouchure,

La vasque finale dissoute en son déhanché décevant :

                    La mer, hydropique bavochure ;

La mer sans monts, la mer sans front, la cuve d’ennui gris-de-plomb

                    Qui danse comme ours en ses marées ;

Prodige ! la voici par Toi, - à tes pieds grimpante – hâlée,

                    La mer pérégrine à ton aplomb !

Elle se courbe, elle est en route en son esclavage éphélide

                    Vers toi, véhément dans le solide !

 

VI

Par le voyage de la vie en caravane personnelle,

                    Exploratrice du temps blanc ;

Par les étapes et le gîte en cette aventure charnelle ;

                    Par les déduits les plus accablants,

Il y a ces abandonnés jetés aux heures éternelles…

                    Instant d’une extase sans remords.

- J’ai vu mieux et de mes yeux vu cinquante grands yaks aux yeux morts,

                    Rochers asséchant que l’eau abreuve ;

Blocs sinistres et fruits du froid saisis dans l’étreinte du sort,

                    Cinquante incrustés dedans le Fleuve.

Ayant voulu le traverser ils furent pris avant le port ;

                    Têtes si belles à grand’cornes !

Cinquante mufles desséchés et pleins de vide et creux de mort…

                    Mais plus épouvantables de morne,

J’ai contemplé de tous mes yeux trop tremblants d’un rude soupçon

                    Ce moine gelé, bloc irascible,

Délaissé là par ses conjoints avant l’agonie impossible :

                    J’ai vu l’homme vif pris au glaçon.

 

VII

Quel homme eût sculpté cet effort ? Quel être-dieu eût ébauché

                    Ce corps innombrable et sans-figure ?

- Ils sont tous là tous, taillant, rodant, et ravalant à leurs carrures

                    Le trop-plein du bloc bien retouché.

Ces bons potiers qui tournent, tournent leurs jolis dieux comme des pots,

                    Enfants bégayant de leurs mains grises,

Coulant sans rire un masque en pleurs et sous le galbe d’un suppôt,

                    Refaisant toujours la forme apprise ;

Sots artisans n’osant pas plus que simuler le bon vivant :

                    Ils travaillent non pas sur eux-mêmes.

- Mais toi, Thibet, tu t’es pétri, levé du plus fort de toi-même,

                    Héros terrassier et émouvant :

Non point potier mais poète ; et non artisan mais poème

                    Non point du dehors mais du dedans ;

Dieu statuaire et dieu surgi, ciseau et feu et roc ardent,

                    Tu fis ta médaille planétaire,

Ton propre grand œuvre dressé à ta devise escaladant :

                    « Montagnes, sculptures de la terre. »

 

VIII

Tout le village s’est levé, en joie, en proie à l’aventure :

                    Ils vont divisant l’espace ami

La tête haute sur le ciel sillé de leur désinvolture  

                    Ils marchent – et moi- vers Mont-Olmi !

Ils ont paré leurs beaux habits tués de neuf de l’azalée

                    Qui fête la plus grande en-allée.

Ils fleurent la bête cousue, ils me flairent en bondissant

                    Sans voir – je regarde ces passants. 

Lestes et gais et bons parleurs, hommes-rouges, femmes turquoise

                    Leurs jambes, vives reines du bond…

Leurs pendeloques ondulant dans une mine si courtoise

                    Ces airs de souverains vagabonds !

- O fille si vite envolée ! o pérégrine cuirassée   

                    Espoir d’une étape harassée !

Gazelle forte au harnais bleu – ah ! ce n’est ce regard d’élan,

                    Ni rut ou même étreinte mystique…

De grâce ô marcheuse implorée : un coup d’épaule ! A ton élan

                    Monter de ce grand pas élastique !

 

IX

Dans la rumeur et le brouillard gris, dans la honte encotonnée, terreuse

     et sordide

                    J’invoque ton immense parure

Pendeloques de beau métal et de pierres faites de toi

                    Couvrant le sein de ta pérégrine

Fille cuirassée d’argent, couronne parée, diadème et manteau bien serti

                   Thibet, déesse encabochonnée

Je te soupèse et je te ris en marchand du Ladak bavant sur sa proie qui reluit,

                    Mais bien plus avarement que lui,

Je tiens à deux [mains] mes richesses : tes métaux et tes pierres… tes monts

     et lacs et roches…

                    Que jamais plus désormais

On ne puisse penser à toi ni prononcer le cri de « Thibet » !

                    Sans entendre parmi l’oreille

L’impitoyable cliquètement de cette parure orfévrée

                    La séquelle de mes mots précieux,

La suite enchâssée de mes pierres, la chute de mes cristaux tintants

                    Et que, non épouvanté de mon œuvre,

Petit, au bas, mais non pas efface, ni trop humilié,

          Mon nom come un coin se redéchiffre !

 

X

 

Fille de la force, fille des monts, maîtresse d’un corps épuisé,

                    Fatigue, - voici l’heure enivrée.

Que le chanteur hindou et noir distille son herbe poivrée,

                    Liquide pieux, brûlant, rusé,

Offert-offrant et poison-dieu et pétillante girandole

                    - Je bois la fatigue mon idole.

Sur un rythme préparateur, j’incante : « O mortier ! o pilon ! »

                    Instruments d’un ivre sacrifice

Servants en marche balancés dans le quotidien supplice

                    O genoux, o plantes, o talons !

Broyez et tirez de ma chair oh ! le seul jus qui l’invigore :

                    Sucez mon humaine mandragore :

Pressez, roulez, et vendangez l’offrande à toi seul Thibet-Roi

                    Bétail assommé tout d’un arroi !

Troupeau haletant de mes membres ; dévotion inassouvie :

                    Ma peau se dégonfle de ma vie…

Je la consacre et te l’accroche en un trophée, en un seul vœu :

                    Seul don de mon être qui se meut

 

XI

Fatigue qui vient : lente et leste, avec ce beau pas d’éléphant ;

                   Dorée au midi ; matrone rousse

Des soirs ; vierge lourde au matin quand mon rêve se fend

                    En deux univers comme une gousse !

La voici maîtresse incrustée en cet inexorable affront,

                    Solitaire, pénétrante et nue ;

Dans mes cuisses et dans mon cœur et à ma gorge et à mon front

                    Jusqu’au creux des source inconnues,

Jusqu’aux replis invisités ; jusqu’en la moelle de mes reins,

                    Vampire elle me jouit et m’habite.

Soit-elle abondante et repue, - o baume en mes vases murrhins,

                    Soit-elle hébergée et bénédite

Jusqu’à défaillir et mourir, pour Celui plus grand qui la suit,

                    (Non point de repos, non pas la nuit,

Moins encor le sommeil toujours le même en sa trop quiétude)

                    Mais pour son vainqueur des lassitudes,

Dieu fier, dieu dur, parèdre mâle et le plus noble des amants

                    Fatigue, pour le surpassement.

 

XII

A moi, Thibet, à l’aide ! à moi ! voici l’imprévu et l’obstacle,

                    Voici la frontière du fini.

Il faut passer. Je dois passer, et malgré toute la débâcle,

                    Franchir le Grand-Fleuve d’Infini.

Je tâte du pied ta falaise et cette faille terrienne ;

                    Ce pont, arqué du ciel à l’enfer :

Est-il balustré de solide ou fait de trame aérienne ?

                    Est-ce un tablier chaîné de fer ?

Est-ce le tronc qui se dérobe ou le gué profond gonflé d’outres,

                    Ce bac du Ta-Kiang torrentueux,

Ou l’envol ailé inventé pour ce gros flux mystérieux

                    Que Brahmes dénomment  Brahmapoutre.

Est-ce le glissement léger sur un câble beurré au choc,

                    L’essor d’une flèche prisonnière,

Ou cet engin vertigineux – allant – venant, et pendulaire,

                    Battant sa longueur de roc en roc ?

Si je ne lâche – je m’abîme -au temps voulu, - temps pulsatile,

                    En ce long linceul fluviatile.

 

XIII

J’aimai le seul, l’unique, - o pic singulier et morose

                    Celui…

Régnant sur l’air, entouré d’air, égoïste et nu…

                    J’ai bu

Mais non pas à l’égal du monstre-ascète encaqué dans sa pierre,

                    Muré, mourant là, et pourrissant,

Dont la main sèche seule sort en quête

                    Un homme enseveli dans son sang !

J’aimai l’en-allée haletante et me sentir très erratique,

                    Marcheur insolite et surmené,

Mais non plus à l’égal de lui : ce vagabond érémitique

                    Sorcier des hauts pics embéguinés

Encontré face à face errant sur la crête d’un col de glace,

                    Hagard, armé – nu – de son strident,

Maquillé d’air, rougi de vent, farouche masque à feu-ardent

                    La bouche tremblante de grimace…

Il se crut tout-à-coup visé, reflété en moi - moi en lui :

                   Voilà pourquoi tous deux avons fui.

 

XIV

Je me défend de t’aimer, Bod, en dépit de ce tutoiement :

                    L’hymne « j’aime » est réservée pour Elle.

Mâle-Thibet tu comprendras ma discrète ardeur en amant :

                    Voici : (ce n’est pas une amourelle !)

Elle est divine au bout du monde et plus diverse que tes monts :

                    Elle est extrême, mon démon.

Et pourtant proche, et si vraiment à portée à moi dans la vie,

                    A moi provocante au grand combat.

Mais cette défensive enclose et sa retraite inassouvie

                    Ce mur aux créneaux que mon cœur bat !

Entre elle et moi entre elle et moi il y a cette rose armure

                    La chair non-pareille est malgré nous.

Défaut des yeux, et boucliers aux points dressés comme parures,

                    Défaut qui se baise à deux genoux.

- Je t’ai monté, Pôle du froid ; je t’ai dompté, Pic des montagnes,

                    Mais elle où la vaincre et la gravir ?

La voici nue et blanche et haute afin de mieux me rassouvir

                    D’Elle – ma multiple compagne.

 

XV

Dans les terrains les plus abstrus, sous les minéraux les plus aigres,

                    Au plus sourd des mondes anciens,

Par les marais et les magmas dormant sur les gisements maigres,

                    Aux cœurs des plus durs géomanciens,

- J’ai vu ces jets, ces jeux brillants, coulés de fonte d’un or rare,

                    Percer les grossiers soubassements.

Toi-même THIBET, rocher pur, es pénétr é de ces carrares ,

                    Toi-même es veiné comme un amant.

 - Je suis doué de trop de vue et perçant ta solide armure

                     Je vois le filon non minéral :

Sous les glaciers étoilés d’air, et sous tes pics en endentures,

                    Voici cet éclat non sidéral :

L’Autre élément qui n’est de feu, ni de bois ou fer, ni de terre,

                    Ni d’eau, - et ni même de lumière :

L’Autre Être tout de mon sang, la même en sa métamorphose

                    La Seule, qui pose un halte-là !

Ma concubine dans l’esprit et ma complice dans la chose :

                    THIBET, par beauté, exalte-la !

 

XVI

Me recueillir en ma coupe de monts : baigner dans ma seule piscine

                    Couler en moi-même comme un Lac.

Me ruisselant de haut en bas, fleuve sans flux et sans racine

                    Creuser mon vivier à coups de lacs ;

Sans cesse rebu et reçu, avec mes vasques alevines

                    Mes jeunes poissons aux goûts rieurs ;

Mon casque de ciel sur la tête et mon cirque dur que ravinent

                    Les jeux des seuls vents intérieurs…

- Mais mieux encore : à ton exemple o Thibet riche d’aventures

                    Puissé-je imiter ton Yam-dok-tsö !

Lac double – Lac – deux fois serti dans sa liquide investiture

                    Distillant sur lui sa seconde eau.

Puissé-je aussi par hyperbole et séquence en marche au poème troisième

                    Reporté de niveau en niveau

Atteindre haut et de crue en barème,

                    Être, - à la puissance neuvième

Et jusqu’au centuple, au nombre croissant, sans déni,

                    Et ainsi de suite à l’infini ?

 

XVII

Ce n’est pas seulement l’horreur et le vertige de puissance

                    Que détient ton monde Thibétain…

Ni cette austère et superbe affrontée, ni ce rugissement d’insolence

                    Que portent tes fronts éléphantins,

Pays rebelle et âpre lieu, - mais voici que ta vallée haute

                    Enclose, o désespérante si loin,

C’est la prairie inattendue, c’est l’auberge claire, don et joie de l’hôte

                    C’est le chant des fleurs…

Voici le vallon que je sais, - Prairie enclose ! prairie haute,

                    O calme et fleuri, o doux Thibet !

Tu as des vallons que je sais à peine penchés vers la terre

                    Des champs immobiles m’attendant…

Des mousses douces, et terrains mous où poussent et tremblent les airelles

                    Toute une forêt floréale

Une retraite, un rêve haut un reliquaire aux joies encloses

                    Vallon des vallées impériales

Cependant que de branche en branche noire comme les guirlandes des années

                    Volent longissimes les usnées.

 

XWIII

Ils se rapprochent… Ils s’en vont. Ils s’en viennent… et disparaissent…

                    Marcheurs achalandés par un mot…

Ce troupeau fait pour faire route, ces marchands sans peur ni paresse

                    S’en vont d’un seul pas vers Bhamo.

Cloches sonnant et bêtes mourant… Ils s’en viennent et disparaissent…

                    Bruits d’ombres et paumes de chameaux.

- C’est tout, c’est ainsi. Me voici au bord de l’espace à la fleur reclose

                    Comme un mendiant de l’infini

Ne bougeant pas, - ne mourant pas – mais tout implorant l’hymne close

                    Passant du voyage non défini…

Couché, vautré, dormant, rêvant : qui donc se promène et démène

                    Là, là ! perçant la tente ou le mur :

Non seulement autour de moi, mais en moi seul, en mon domaine…

                    Passe la Grande Caravane

Qui ne monte pas, ne descend pas, mais d’âge en âge souverain

                    Glisse et dévale la moraine

Sans fond de cet effroyable glacier vertical et chutant

                    Du Temps.

 

XIX

Même là-haut, même ici-haut, je cherche éperdu l’Autre, l’Autre :

                    La reine du royaume d’ailleurs.

Dans cette course échevelée, dans ce paradis sans apôtre

                    Le jeu du divers aux yeux railleurs.

Que serait-elle ici pour toi ? ton climat et tes âpres fruits

                    Saurait-elle mordre à belle bouche,

Je ne dis point l’aborigène au pelage doux sur la peau

                    Mais l’autre, la mienne et fraternelle

La blême, blanche, équivoque et si pareille en ses appeaux

                    Parèdre d’une vertu maternelle

La sœur de sang, du même sang, de même vertu amoureuse…

                    O sœur dans la fête incestueuse

Que dirait-elle dans ton sein ? Saurait-elle, harmonieuse,

                    Se taire, et, Là-bas, vivre et jouir ?

 

XX

En vain ! en vain ! et j’en suis là : seul et Toi devant ton spectacle,

                    Ce lieu fixé dru par le regard,

Pour t’enlacer ainsi, Thibet, au plus haut de tes simulacres,

                    (Blanc, nu, dominé d’un œil hagard)

J’ai fendu deux lunes durant, et tant de soleils de jours et d’aurores,

                    L’espace fluant sans riverains,

J’ai fait plus de bonds et de chants d’amour et mort en métaphores,

                    Qu’il n’est permis au jeu de mes reins !

- Et voici : le moment est haut et je la tiens pour bien acquise,

                    Amoureuse à pleurer de plaisir,

Je suis le possesseur humain d’un dieu-fait-Eve la conquise,

                    Dieu-vierge incarnée à mon désir,

Que l’heure soit. Vienne l’instant. Tombe la cime d’allégresse,

                    Et crève le cri de profondeur.

Un autre monde thibétain jaillit du volcan de caresse

                    Et règne au sommet des impudeurs.

- En vain, en vain. Et j’en suis las. Seul et MOI – moi penché sur elle :

                    Elle, appareillant sa caravelle.

 

XXI

Où est le sol, où est le site, où est le lieu, - le milieu,

                    Où est le pays promis à l’homme ?

Le voyageur voyage et va… Le voyant le tient sous ses yeux

                    Où est l’innommé que l’on dénomme :

Nepemakö dans le Poyoul et Padma Skod, Knas-Padma-Bakor

                    Aux rudes syllabes agrégées !

Dites, dites, moine errant, moine furieux, - encor :

                    Où est l’Asiatide émergée ?

J’ai trop de fois cinglé, doublé les contours du monde inondé

                    Où cœur ni oiseau ni pas ne pose,

Où est le fond ? Où est le mont amoncelé d’apothéose,

                    Où vit cet amour inabordé ?

A quel accueil le pressentir, - à quel écueil le reconnaître ?

                    Où trône le dieu toujours à naître ?

Est-ce en toi-même ou plus que toi, Pôle-Thibet, Empereur-Un !

                    Où brûle l’Enfer promis à l’Être ?

Le lieu de gloire et de savoir, le lieu d’aimer et de connaître

                    - Où git mon royaume Terrien ?

 

(Thibet)

 

Odes, suivi de Thibet,

Editions du Mercure de France, 1963

 

Du même auteur :

Du bout du sabre (25/09/2014)

Eloge et pouvoir de l’absence (25/09/2015)

Edit Funéraire (06/09/2016)