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Puis ce ralenti

 

7

Vois, les jours sont tombés

partout,

se sont éparpillés autour.

 

Et toujours, - quelques lignes –

 

cette peine absurde de

dire : - je continuerai –

 

la fragilité des choses

fascine

 

- plus lointaine-

 

8

Marche,

ne t’inquiète pas

 

l’air est doux

acide sur ton ventre

 

quand le soleil se renverse

est-ce toi ? la robe unique

 

qui se retire, les yeux humides,

ouverts.

 

9

J’ai vu la vague lécher les paupières

 

ne donne pas la prière,

ce n’est pas le soleil qui en vit

 

j’ai vu le vent crépiter

la houle monter

 

comme un point de côté

dans la poitrine

 

j’ai vu la nudité

se faire peu à peu.

 

Puis les yeux – ce ralenti –

libre, à découvert

 

en d’autres yeux.

 

Il fait un temps de poèmes.

Textes rassemblés et présentés par Yvon Le Men

Filigranes Editions, 22140 Trézélan, 1996