10 août 2017

Flavien Ranaivo (1914 – 1999) : Vulgaire chanson d’amant

  Vulgaire chanson d’amant   Ne m'aimez pas, ma parente, comme votre ombre car l'ombre au soir s'évanouit et je dois vous garder jusqu'au chant du coq; ni comme le piment qui donne chaud au ventre car ne pourrais alors en prendre à ma faim; ni comme l'oreiller, car on serait ensemble aux heures du sommeil mais on ne se verrait guère le jour; ni comme le riz, car sitôt avalé vous n'y penseriez plus; ni comme les douces paroles car elles s'évaporent; ni comme le miel, bien doux mais trop commun. ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

09 août 2017

Joachim Du Bellay (1522 – 1560) : « J'aime la liberté…

  J'aime la liberté, et languis en service, Je n'aime point la Cour, et me faut courtiser, Je n'aime la feintise, et me faut déguiser, J'aime simplicité, et n'apprends que malice ; Je n'adore les biens, et sers à l'avarice, Je n'aime les honneurs, et me les faut priser, Je veux garder ma foi, et me la faut briser, Je cherche la vertu, et ne trouve que vice ; Je cherche le repos, et trouver ne le puis, J'embrasse le plaisir, et n'éprouve qu'ennuis, Je n'aime à discourir, en raison je me fonde ; J'ai le... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
08 août 2017

Roger Gilbert – Lecomte (1907 – 1943) : Chassé – croisé du coma

      Chassée croisé du coma   Eh, l’angoisseux, l’agonisant quand tu verras, le ciel : un dôme d’or tacheté de points noirs stellaires, et la lune pastille noire sur un grand ventre de lumière le temps sera venu : voici ta mort dernière voici ta naissance première.   Oeuvres complètes, T.II Editions Gallimard, 1975 Du même auteur : Je n’ai pas peur du vent (08/08/2014) Sacre et massacre de l’amour (08/0820/15)  Le vent d’après / le vent d’avant 08/(08/2016) Le fils de... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 août 2017

Claude Couffon (1926 – 2013) : Fenêtre sur la nuit

  Fenêtre sur la nuit (fragments)   « J’écris avec des mots déterrés la nuit » Edouard Glissant   Nuit   Sur l’eau polie du rêve glisse un vide nostalgique la nuit dicte son silence aux mots Pourtant au fond lueur instinctive s’entrouve – presque imperceptible – la fenêtre du mystère…     Mots (I)   Dans le feu jaune de la nuit les mots parfois scintillent ou fuient violets verdâtres collier brisé froid mort dans les doigts de l’imaginaire     ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
06 août 2017

Robert Desnos (1900 – 1945) : Infinitif

  Infinitif   Y mourir ô belle flammèche y mourir voir les nuages fondre comme la neige et l’écho origines du soleil et du blanc pauvres comme Job ne pas mourir encore et voir durer l’ombre naître avec le feu et ne pas mourir étreindre et embrasser amour fugace le ciel mat gagner les hauteurs abandonner le bord et qui sait découvrir ce que j’aime omettre de transmettre mon nom aux années rire aux heures orageuses dormir au pied d’un pin grâce aux étoiles semblables à un numéro et mourir ce que j’aime au bord... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
05 août 2017

Luis Mizón (1942 -) : Vent du Sud / Viento Sur

  Vent du sud 1 Le vent apporte de nouveau une poussière de voix théâtrales des prières émanant des tavernes du Sud des paroles volées dans des mariage de gens pauvres des fleurs difformes des échos domestiques   Et soudain il nous offre le silence où parle un ami à n’importe quel moment de la nuit   2 Viens sous l’ombre vert clair écouter les pas absents là où la vague efface sur l’asphalte les pas absents. Viens parmi les affiches du vent du Sud et les pas absents. Taches rouges ferraille toiles... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 août 2017

Victor Hugo (1802 – 1885) : Stella

  Stella   Je m'étais endormi la nuit près de la grève. Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve, J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin. Elle resplendissait au fond du ciel lointain Dans une blancheur molle, infinie et charmante. Aquilon s'enfuyait emportant la tourmente. L'astre éclatant changeait la nuée en duvet. C'était une clarté qui pensait, qui vivait ; Elle apaisait l'écueil où la vague déferle ; On croyait voir une âme à travers une perle. Il faisait nuit encor, l'ombre régnait en vain, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 02:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 août 2017

Edmond Jabès (1921 - 1991) : Je vous écrit d’un pays pesant

      Je vous écris d’un pays pesant     Aussi belle que la main de l'aimée sur la mer. Aussi seule.   J'écris pour vous. La douleur est un coquillage. On y écoute      perler le cœur. J'écris pour vous, au seuil de l'idylle, pour la plante aux feuilles         d'eau, aux épines de flammes, pour la rose d'Amour. J'écris pour rien, pour les mots luisants que trace ma mort, pour      l'instant de vie éternellement... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
02 août 2017

Jean-Marie Le Sidaner (1947-1992) : L’homme du Finistère

  L’homme du Finistère   On lui demande où il loge. Il répond à la fin des terres habitées. Rien ne distingue ce lieu des fougères, des genêts, du roc. Mais la mer paraît venir de plus loin. Vous vous avancez sur un sentier, vous éprouvez soudain le besoin de poursuivre les pieds nus. Vous découvrez sur la lande des poissons éventrés par les oiseaux. Vous rassemblez des herbes dans une enceinte de galets. A la tombée de la nuit vous allumez le feu des naufrageurs. Il vous arrive sur la peau des bouches, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
01 août 2017

Laurice Schehadé (1908 - 2009) : « Jardins d’orangers amers… »

       Jardins d’orangers amers au pied de la montagne, le ciel était un toit, le passant un ami. Je traçais dans l’air des mots qui voulaient dire une histoire. Les ans au passage les ont détruits pour donner à l’âne gris un collier de coquillages et je n’arrive plus à démêler la douce nuit d’avec la lumière sonore. Le bonheur jouait au bonheur sous les orangers de mon pays, mariée, belle mariée.   *      Ivre du grand parcours des fleuves, je porte et je te donne, mon... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :