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Ami Cadou

 

Tu m’avais entraîné par un grand jour de lune

Au travers des prairies, des villages, des bois.

De hideux cris d’enfants, parfois, stridaient des herbes :

On étranglait la nuit dans la gorge d’un chat.

 

Un matin de vent pur, de soleil en médaille

Vint durcir nos souliers rongés par les brouillards.

Nous eûmes, peu après, les jambes sous la table

En un lieu qui sentait le terrier de renard.

 

La lumière tremblait, âcre vin blanc d’auberge

Sur les forêts pelées d’où nous étions sortis,

A nos pieds, le lait cuit versait sur les flammèches

Et nous coupions le pain comme un gros gâteau gris.

 

Revue « Vagabondages, N° 28-29, Mars/Avril 1981 »

Association « Paris-poète »

Atelier Marcel Jullian, 1981

Du même auteur :

« Je ne suis pas d’ici… » (10/07/2015)

 Remouleur (23/08/2016)