AVT_Jean_Marie_Le_Sidaner_1782_1_

 

L’homme du

Finistère

 

On lui demande où il loge. Il

répond à la fin des terres

habitées. Rien ne distingue ce

lieu des fougères, des genêts, du

roc. Mais la mer paraît venir de

plus loin. Vous vous avancez sur

un sentier, vous éprouvez

soudain le besoin de poursuivre

les pieds nus. Vous découvrez sur

la lande des poissons éventrés par

les oiseaux. Vous rassemblez des

herbes dans une enceinte de

galets. A la tombée de la nuit vous

allumez le feu des naufrageurs. Il

vous arrive sur la peau des bouches,

des langues, des cils dont le

souvenir cherche à s’abriter en

vous.

 

Revue « Le nouvel Ecriterres, N° 3,

Automne 1990 »

29720, Plonéour-Lanvern,1990