30 juillet 2017

Guy Goffette (1947 -) : Dimanche de poissons

  Dimanche de poissons   Et puis un jour vient encore, un autre jour, allonger la corde des jours perdus a reculer sans cesse devant la montagne des livres, des lettres ; un jour   propre et net, ouvert comme un lit, un quia à l’heure des adieux – et le mouchoir qu’on tire est le même qu’hier, où les larmes ont séché - un lit de pierres, et c’est là où nous sommes,   occupés à nous taire longuement, à contempler par cœur la mer au plafond comme les poissons rouges du bocal, avec une fois de... [Lire la suite]
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29 juillet 2017

Alexis Gloaguen (1950 -) : Epuisement

  Epuisement   De très loin je reviens au monde   j’affleure et vois éclore net           les fruits verts de l’été   Entouré d’enfants mangeurs de salicornes je regarde s’ensabler           la lumière des puces de mer   je retrouve le don du serpent qui sait les heures et les endroits           où le soleil est satiné   J’aurais pu continuer de mourir ... [Lire la suite]
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28 juillet 2017

Jacques Dupin (1927 – 2012) : Le règne minéral

  Le règne minéral   Dans ce pays la foudre fait germer la pierre.   Sur les pitons qui commandent les gorges  Des tours ruinées se dressent  Comme autant de torches mentales actives  Qui raniment les nuits de grand vent  L'instinct de mort dans le sang du carrier. Toutes les veines du granit  Vont se dénouer dans ses yeux.     Le feu jamais ne guérira de nous   Le feu qui parle notre langue   Gravir Editions Gallimard, 1963 Du même auteur : ... [Lire la suite]
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27 juillet 2017

Gérard de Nerval (1808 – 1855) : Le point noir

  Le point noir   Quiconque a regardé le soleil fixement Croit voir devant ses yeux voler obstinément Autour de lui, dans l’air, une tache livide.   Ainsi, tout jeune encore et plus audacieux, Sur la gloire un instant j’osai fixer les yeux : Un point noir est resté dans mon regard avide.   Depuis, mêlée à tout comme un signe de deuil, Partout, sur quelque endroit que s’arrête mon œil, Je la vois se poser aussi, la tache noire !   Quoi, toujours ? Entre moi sans cesse et le... [Lire la suite]
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26 juillet 2017

Marina Tsvétaïeva / Марина Ивановна Цветаева (1892 - 1941) : « Une fleur est accrochée à ma poitrine… » / « Кто приколол - не по

  Une fleur est accrochée à ma poitrine ; Qui me l’a accrochée ? – Je ne sais plus. Ma faim est insatiable De tristesse, de passion, de mort.   Par le violoncelle, le grincement Des portes et le tintement des verres, Et par le cliquetis des éperons Et le cri des trains de nuit –   Par le coup tiré de la chasse, Par le grelot des troïkas – Vous m’appelez, vous m’appelez, Vous, que je n’aime pas !   Il est pourtant un délice : J’attends celui qui le premier Me comprendra enfin ... [Lire la suite]
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25 juillet 2017

Walt Whitman (1819 – 1892) : Drossé au sable / Sea-drift

  Drossé au sable   ISSU DE L’OSCILLANTE L’INCESSANTE BALANCE DU BERCEAU   Issu de l’oscillante l’incessante balance du berceau, Par la gorge du moqueur, son fuseau musical, Par les minuits du neuvième Mois, Par l’étendue des sables arides, des champs lointains où délaissant son lit      errait à l’aventure, pieds nus, tête nue, l’enfant solitaire, Par la pluie de lumière du halo, Par le mystérieux jeu de damiers des ombres, vivant entrelacs Par les maquis de mûres et d’églantiers, ... [Lire la suite]
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25 juillet 2017

Vahé Godel (1931 - ) : « Espace… »

  (Espace dont le silence dessine les contours   d’une lisière à l’autre                                     tel un souffle   toute parole devient dès lors itinéraire)   Du silence des vignes aux vignes du silence doucement nous buvons la distance comme la sève d’eau d’un regard ébloui comme l’écume d’une langue oubliée ... [Lire la suite]
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24 juillet 2017

Jacques Roumain (1907 – 1944) : Madrid

  Madrid      Cette ride sinistre de la sierra et l’horizon cerné d’un orage de fer :      le ciel n’a plus un sourire plus un seul tesson d’azur      pas un arc à lancer l’espoir d’une flèche de soleil      les arbres déchiquetés se redressent, gémissent comme des violons désaccordés      tout un village endormi dans la mort s’en va à la dérive      quand la mitrailleuse crible la passoire du... [Lire la suite]
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23 juillet 2017

Matsuo Bashō / 芭蕉 松尾 (1644-1694) : « Usé par le temps… »

  Usé par le temps – mon coeur le sait et le vent transperce mon corps !   Traduit du japonais par Joan Titus-Carmel In, Bashō : « Cent onze haïku » Editions Verdier, 1998 Du même auteur : « Départ du printemps… » / 行春や鳥啼魚の目は泪 11/08/2014)   « Elles vont mourir… » (16/07/2016)  
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15 juillet 2017

Walid Khaznadar (1950 -) /وليد خازندار : L’étranger la connaît

  L’étranger la connaît   La nuit redouble d'attention Les autobus, lentement, s'éloignent Les petites filles, qui sont si jeunes, disparaissent en hâte dans l'obscurité Et les fenêtres, comme des navires, L'une après l'autre ont allumé leurs lanternes Et pris la mer Les cafés sont désormais hostiles Et les rues où il a égaré ses clés Ferment leurs carrefours Les pierres l'ont vu et l'ont renié Le long banc de bois peint en vert, face à la mer lui aussi l'a renié Le vendeus de châtaignes l'a renié... [Lire la suite]
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