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Dimanche de poissons

 

Et puis un jour vient encore, un autre jour,

allonger la corde des jours perdus

a reculer sans cesse devant la montagne

des livres, des lettres ; un jour

 

propre et net, ouvert comme un lit, un quia

à l’heure des adieux – et le mouchoir qu’on tire

est le même qu’hier, où les larmes ont séché

- un lit de pierres, et c’est là où nous sommes,

 

occupés à nous taire longuement,

à contempler par cœur la mer au plafond

comme les poissons rouges du bocal,

avec une fois de plus, une fois encore

 

tout un dimanche autour du cou.

 

Le pêcheur d’eau

Editions Gallimard, 1995

Du même auteur :

« Si tu viens pour rester… » (30/07/2016)

Le poids du silence (30/07/2018)

Un peu d’or dans la boue (30/07/2019)

« La mer quand elle a fait son lit... » (05/01/2020)