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(Espace

dont le silence

dessine les contours

 

d’une lisière à l’autre

                                    tel un souffle

 

toute parole

devient dès lors

itinéraire)

 

Du silence des vignes

aux vignes du silence

doucement nous buvons la distance

comme la sève d’eau d’un regard ébloui comme

l’écume d’une langue oubliée

 

franchies les bornes

le moindre souffle

déverrouille nos lèvres

 

trompant la vigilance de l’hiver

un lièvre gagne l’infini

 

(quand serons-nous en vue des eaux profondes ?)

 

au large

la brume couve un âge d’or

dans l’ombre

un infirme titube

en rêvant qu’il giboie

 

nous approchons d’un orme

immémorial – et le rivage lève l’ancre

 

Poussières

Editions Saint-Germain-des-Prés, 1977

Du même auteur :

Murs sans fenêtres / Portes closes (25/07/2015)

Le survol du volcan (25/07/2016)

« Prendre racine, prendre corps... » (25/07/2018)

Mehr licht (14/09/2019)