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L’étranger la connaît

 

La nuit redouble d'attention

Les autobus, lentement, s'éloignent

Les petites filles, qui sont si jeunes, disparaissent en hâte dans l'obscurité

Et les fenêtres, comme des navires,

L'une après l'autre ont allumé leurs lanternes

Et pris la mer

Les cafés sont désormais hostiles

Et les rues où il a égaré ses clés

Ferment leurs carrefours

Les pierres l'ont vu et l'ont renié

Le long banc de bois peint en vert, face à la mer lui aussi l'a renié

Le vendeus de châtaignes l'a renié
           

Pourquoi les oiseaux perdent-ils leurs plus belles plumes

Dans le climat des capitales ?

Et que fait l'étranger dans une ville qu'il connaît ?

 

 

Traduit de l’arabe par Luc Barbulesco

In, « Les poètes de la Méditerranée. Anthologie »

Editions Gallimard/Culturesfrance (Poésie), 2010

Du même auteur :

Ce jour-là (22/07/2015)

Absence (15/07/2016)