emily_jane_bronte_448_1_

 

Mon plus grand bonheur, c'est qu'au loin

Mon âme fuie sa demeure d'argile,

Par une nuit qu'il vente, que la lune est claire,

Que l’œil peut parcourir des mondes de lumière —

 

Que je ne suis plus, qu'il n'est rien —

Terre ni mer ni ciel sans nuages —

Hormis un esprit en voyage

Dans l'immensité infinie.

 

Traduit de l’anglais par Pierre Leyris,

In, Emily Bronte : Poèmes (1836 – 1846)

Editions Gallimard, 1963

 

 

 

Ah, la joie éperdue de pouvoir m’en aller

Et d’arracher mon âme à sa gangue d’argile,

Lorsque le vent fouette la nuit

Hantée de lune claire,

Et que mon âme embrasse un monde de lumière,

 

 

Lorsque je cesse d’être, et que rien ne demeure,

Quand mon regard ne perçoit plus

Ni la mer, ni la terre, où le ciel éclatant...

Mon âme libre enfin erre sans nulle entrave,

 Parcourant l’infini et son immensité.

 

 

Traduit de l’anglais par Mireille Best,

in, Emily Brontë « Les orages du cœur »

Pierre Seghers éditeur (Cahiers P.S.), 1950

De la même auteure:

Il devrait n’être point de désespoir pour toi / There should be no despair for you (18/07/2015)

 Le soleil est couché / The sun has set (01/07/2016)

« Autour de moi des tombes grises... / « I see around me tombstones grey…” (01/07/2018)

« Je viendrai quand ... » / « I’ll come when…» (01/07/2019)

 

 

 

I’m happiest whan most away

I can bear my soul from its home of clay

On a windy night when the moon is bright

Ant the eye can wander through worlds of light —

 

When I am not and none beside —

Nor earth nor sea nor cloudless sky —

But only spirit wandering wide

Through infinite immensity.

 

Poème précédent en anglais :

David-Herbert Lawrence : Ombres / Shadows (10/06/2017)

Poème suivant en anglais :

Oscar Wilde : La ballade de la geôle de Reading / The ballad of Reading Gaol (11/08/2017)