GoetheFR_1_

 

Chant de tempête du voyageur

 

Celui que tu n’abandonnes pas, Génie,

Ni la pluie ni la tempête

Ne souffleront la frayeur en ton cœur.

Celui que tu n’abandonnes pas, Génie,

A la nuée d’averse,

A la bourrasque de grêle

Opposera sa chanson,

Comme l’alouette,

Ô toi, tout là-haut.

 

Celui que tu n’abandonnes pas, Génie,

Tu le soulèveras au-dessus du sentier fangeux

Avec les ailes de feu.

Il passera

Comme, marchant sur des fleurs

Sur le déluge boueux de Deucalion

Et tuant Python, léger, grand,

Pythius Apollo.

 

Celui que tu n’abandonnes pas, Génie,

Tu déplieras sous lui tes laines neigeuses

Quand il dormira sur la roche,

Tu le couvriras d’une laine protectrice

Dans la minuit du bois.

 

 

Celui que tu n’abandonnes pas, Génie,

Dans les tourbillons de neige,

Tu l’envelopperas de chaleur,

C’est vers la chaleur que vont les Muses,

Vers la chaleur que vont les Charites*.

 

Ô Muses, entourez-moi,

Ô Charites !

Voici l’eau, voici la terre,

Et voici le fils de l’eau et de la terre

Sur laquelle je vais

Pareil aux Dieux.

 

Vous êtes pures comme le cœur des eaux,

Vous êtes pures comme la moelle de la terre,

Vous volez autour de moi et je vole moi-même

Au-dessus de l’eau, au-dessus de la terre,

Pareil aux Dieux

………………………………………

* Charites : Nom grec des Grâces

 

Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre

In, « Anthologie bilingue de la poésie allemande »

Editions Gallimard (La Pléiade),1995

Du même auteur :

Le Roi des Aulnes / Erlkönig (23/06/2014)

Bienvenue et adieu / Willkommen und Abschied (22/06/2015)

La chanson de Mignon / Mignons lied (23/06/2016)

 

Wanderers Sturmlied

 

 

                   

Wen du nicht verlässest, Genius,

 

Nicht der Regen, nicht der Sturm

Haucht ihm Schauer übers Herz.

Wen du nicht verlässest, Genius,

Wird dem Regengewölk,

Wird dem Schloßensturm

Entgegensingen,

Wie die Lerche,

Du da droben.

 

 

Den du nicht verlässest, Genius,

Wirst ihn heben übern Schlammpfad

Mit den Feuerflügeln.

Wandeln wird er

Wie mit Blumenfüßen

Über Deukalions Flutschlamm,

Python tötend, leicht, groß,

Pythius Apollo.

 

 

Den du nicht verlässest, Genius,

Wirst die wollnen Flügel unterspreiten,

Wenn er auf dem Felsen schläft,

Wirst mit Hüterfittichen ihn decken

In des Haines Mitternacht.

 

 

Wen du nicht verlässest, Genius,

Wirst im Schneegestöber

Wärmumhüllen;

 

Nach der Wärme ziehn sich Musen,

Nach der Wärme Charitinnen.

 

 

Umschwebt mich, ihr Musen,

 

Ihr Charitinnen!

Das ist Wasser, das ist Erde,

Und der Sohn des Wassers und der Erde,

Über den ich wandle

Göttergleich.

 

 

Ihr seid rein, wie das Herz der Wasser,

Ihr seid rein, wie das Mark der Erde,

Ihr umschwebt mich, und ich schwebe

Über Wasser, über Erde,

Göttergleich.

 

 

 Zeitschrift « Nordische Miszellen »

Hamburg, 1810

 

                                                                                        

Poème précédent en allemand :

Peter Huchel : « Sous la houe brillante de la lune… » / Unter der blanken Hacke des Monds… » (16/04/2017)

Poème suivant en allemand :

August von Platen : « A l’ami allemand… » / «  Dem  deutschen Freunde  (21/08/2017)