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Le Myrte

 

 

Parfois je te savais la terre, je buvais

Sur tes lèvres l’angoisse des fontaines

Quand elle sourd des pierres chaudes, et l’été

Dominait haut la pierre heureuse et le buveur.

 

Parfois je te disais de myrte et nous brûlions

L’arbre de tous tes gestes tout un jour.

C’étaient de grands feux brefs de lumière vestale,

Ainsi je t’inventais parmi tes cheveux clairs.

 

Tout un grand été nul avait séché nos rêves,

Rouillé nos voix, accru nos corps, défait nos fers.

Parfois le lit tournait comme une barque libre

Qui gagne lentement le plus haut de la mer

 

Pierre écrite

Editions du Mercure de France,1965

Du même auteur :

 « Que saisir sinon qui s’échappe… » (03/06/2014)

Théâtre (03/06/2015)

L’été de nuit (13/06/2016)