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Au moment d’écrire j’ai déjà perdu par le doute l’ivresse de la vision

Et cette terre m’abandonne où je suis venu me briser

Je connaissais en m’éveillant

Ce que je ne pourrai vous répéter sans trahir

C’était l’horreur de toute mécanique de l’esprit

L’horreur des oeuvres décalquées sur l’automatisme cérébral des scléroses

Pierres polies et dépolies par le flux et le reflux de ce qui ne peut se répéter

Et je dénonce la raison paranoïaque des moines valorisée par l’avortement

     de la mémoire

Que toute vision ne soit qu’un jaillissement sur la mer haute du délire

Où seuls aborderont ceux qui ne connaissent rien

Ceux qui ne savent rien

Car je crois que tout s’est perdu dans l’horreur des filiations sans généalogie

     formelle

Et qu’il n’est pas un homme qui soit s’il n’est déjà de naissance transmissible

     et intransmissible

La révolte même peut se perdre à dénoncer la faillite

Puisqu’il n’existe pas de force pour détruire

Sinon le regard jeté par une nuit sans sommeil

Sur ce monde inapaisé de signes et de violence

 

De colère et de haine

Editions du Lion, 1950

Du même auteur :

 « Dans le temps, dans la nuit... » (04/06/2014)

« Ce que je peux dire… » (04/06/2015)

« Enfant je me suis étonné… » (04/06/2016)

« Au moment d’écrire… » (04/06/2017)

En dérive vers l’absolu (04/06/2019)