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Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,

Assise auprès du feu, dévidant et filant,

Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :

« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ». 

 

Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,

Déjà sous le labeur à demi sommeillant,

Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant,

Bénissant votre nom, de louange immortelle.

  

Je serai sous la terre, et fantôme sans os :

Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;

Vous serez au foyer une vieille accroupie, 

 

Regrettant mon amour et votre fier dédain.

Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :

Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. 

 

Sonnets pour Hélène, 1578

 Du même auteur :

« Mignonne, allons voir si la rose… » (20/05/2014)

« Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose… » (20/05/2015)

Madrigal (20/05/2016)

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