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Pluie du matin

 

Je rassemble contre mon souffle 

Un paysage rond et creux qui me précède 

Et se soulève au rythme de mon pas. La rue 

Penche, brisée en travers des clôtures. 

Le jour qu'on ne voit pas lentement se rapproche, 

Poussé par les nuages bas, 

Décombres fumants de l'espace. 

Des cafés à feux sourds restent ancrés à la périphérie 

Où roulent des convois, la mer 

Sans fin dénombrant ses épaves. 

Je tiens ce paysage contre moi, 

Comme un panier de terre humide et sombre.

 La pluie errante en moi parcourt 

L'aire d'une connaissance désaffectée. 

 

Amen

Editions Gallimard, 1968

 

Du même auteur :

Elégie de la petite gare (10/04/2015)

Aux environs (10/04/2016)

« Quand montant de la porte d’Orléans… » (10/04/2018)

Oraison du matin (10/04/2019)