07 mars 2017

Oodgeroo Noonuccai (1920 – 1993) : « Homme blanc de la tribu sans joie… »

  Homme blanc de la tribu sans joie, Toi seul a délaissé la nature      pour inventer des lois bienséantes. Tu t’es réduit en esclavage comme tu as fait des esclaves      du cheval et d’autres bêtes sauvages. Pourquoi, homme blanc ? Ta police parque ta tribu dans des maisons clôturées, Où de pauvres femmes frottent les parquets      de femmes plus riches qu’elles. Pourquoi, homme blanc, pourquoi ? Tu te moques des « pauvres Noirs » ... [Lire la suite]
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06 mars 2017

Michel Manoll (1911 – 1984) : Service de nuit

  Service de nuit   Est-ce le facteur de l’éternité qui m’apportera des lettres de Louisfert Portant le cachet d’un hameau comme il en existe sûrement par-delà      la terre Les mots seront un peu brouillés pour avoir traversé le tohu-bohu      stellaire Mais dans les marges l’empreinte de tes doigts me donnera le signe      irréfutable Qu’il n’y a pas de faussaire dans l’invisible Et qu’il suffit d’une présence imperceptible Comme un brin de tabac... [Lire la suite]
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05 mars 2017

Gil Jouanard (1937- ) : « Sonnailles… »

  Sonnailles. Ce qui monte la rude pente de l’hiver. Buée, fossés raidis. La main au chaud garde l’énigme. Le clair des yeux se perd dans le brun délavé. Quelque sentier aussi, aperçu sur la gauche – ou bien cet homme, fruit de ses instruments. Le monde entier comme étiré au coeur du cristal de nos prédictions. Nous marchons à travers les niveaux mélangés du langage. Tout se résout dans le givre sonore du ciel. Sauf que parfois, d’un glissement de terrain, surgit, fossilisée, l’énigme. A quoi – de guttural, de bistre, ... [Lire la suite]
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04 mars 2017

Saint-Pol-Roux (1861 – 1940) : Dialogue marin

  Dialogue marin A Alexis Tarquis      Haquenée aux sabots de galets et crinières d’écume, que m’apportez- vous des bas-fonds de la mer : un jet de vie, un raz de mort, le squale qui dévore ou la sardine qui nourrit ?    Un flux de perles nées dans des coquilles, telles des chimères entre des tempes du cerveau ; à toi de t’en parer à moins de les offrir aux douces de la ville qui seront plus belles si tu n’es plus beau sous ces solides fleurs de la féerie liquide.   ... [Lire la suite]
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03 mars 2017

Alexandre Sergueïevitch Pouchkine / Александр Сергеевич Пушкин (1799 – 1837) : « Tel l’enfant animé d’un pouvoir enchanteur… »

  Tel l’enfant animé d’un pouvoir enchanteur, Si je croyais que l’âme, après mille douleurs, Emportait, échappant à la peur qui empeste, La mémoire et l’amour vers l’abîme céleste, J’aurais depuis longtemps quitté ce monde-ci, J’aurais brisé la vie, idole sans merci, Volant vers un pays de liberté, de fête, Vers un pays sans morts, sans forme toute faite, Où la pure pensée luit dans l’azur bleuté… Mais je m’abuse en vain de ce rêve exalté, Ma raison me poursuit, méprise toute ivresse : A la mort, le néant est... [Lire la suite]
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02 mars 2017

Armel Guerne (1911 – 1980) : Les maudits

    Les maudits   Maudits ils sont par la malédiction qu’ils portent Et qui les porte comme un fleuve épais, heureux De ses remous et du bouillon de ses souillures. Car les eaux sales sont heureuses, loin des sources, Et ne rêvent jamais d’eau pure ou de fraîcheur : Dormant dans la tiédeur oui bien véhiculant Les marques trop visibles de leur majesté, Demandez-leur comment elles pourraient songer De les perdre au profit d’une légèreté Dont toute trace a disparu depuis longtemps Sous les crasses qui... [Lire la suite]
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01 mars 2017

Germain Nouveau (1851 – 1920) : « Je ne crains pas les coups du sort… »

  Je ne crains pas les coups du sort, Je ne crains rien, ni les supplices, Ni la dent du serpent qui mord, Ni le poison dans les calices, Ni les voleurs qui fuient le jour, Ni les sbires ni leurs complices, Si je suis avec mon Amour.   Je me ris du bras le plus fort, Je me moque bien des malices, De la haine en fleur qui se tord, Plus caressante que les lices ; Je pourrais faire mes délices De la guerre au bruit du tambour, De l'épée aux froids artifices, Si je suis avec mon Amour.   ... [Lire la suite]
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