20 mars 2017

Charles d’Orléans (1394 – 1465) : « Nouvelles ont couru en France… »

  Nouvelles ont couru en France  Par maints lieux que j’étais mort,  Dont avaient peu déplaisance  Aucuns qui me hayent à tort ;  Autres en ont eu déconfort,  Qui m’aiment de loyal vouloir,  Comme mes bons et vrais amis.  Si fais à toutes gens savoir  Qu’encore est vive la souris !    Je n’ai eu ni mal ni grevance (*)    (*) peine  Dieu merci, mais suis sain et fort,  Et passe temps en espérance  Que paix, qui trop longuement... [Lire la suite]
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19 mars 2017

Kalil Hâwi (1919 - خليل حاوي/ ( 1982 : Dans l’obscurité des entrailles

  Dans l’obscurité des entrailles    Marchez plus doucement Sur nos nerfs, passants. Non, nous ne sommes pas morts. Fatigués, seulement, D’un sale brouillard Au visage pourri et faux Qui s’étire et se fait serpent, pieuvre, énigmes. Plutôt le ventre de la terre que cet air sans air.   Marchez plus doucement Sur nos nerfs, passants. Nous sommes dans le noir d’un sous-sol tranquille. Effaçant la fièvre, retrouvant l’esprit, nous chantons. Nous nous cachons. Nous cachons notre vie loin des chemins... [Lire la suite]
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18 mars 2017

Francis Jammes (1868 – 1938) : Quelle est cette lumière ?

    Quelle est cette lumière ?   Le Poète Quelle est cette lumière qui est presque de l’ombre ?   La Petite Vieille C’est l’aube qui va accoucher. Elle se gonfle. Elle va accoucher de tout ce qu’on verra : du soleil et de l’eau, de la terre et des bois.   Le Poète Qu’est-ce qui luit ?   La Petite Vieille   ... [Lire la suite]
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17 mars 2017

Aaro Hellaakoski (1893 – 1952) : Le port

  Le port   Et dans l’anse ultime, l’âme Paisible, on entre et l’on rame   Où nul pas ne vient hanter Le rivage inhabité,   Où le sentier solitaire Ne conduit que sous la terre ;   Là, sans rameur, le bateau Reste et se défait bientôt ;   Un petit oiseau qui passe Parfois jette dans l’espace   Un chant qu’emporte le vent Et que personne n’entend.   Traduit du finnois par Jean-Luc Moreau In, « Il fait un temps de poème. Textes rassemblés et présentés... [Lire la suite]
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16 mars 2017

Léon-Paul Fargue (1876 – 1947) : "... Depuis, il y a toujours, suspendu dans mon front"

          ... Depuis, il y a toujours, suspendu dans mon front et qui me fait mal,      Délavé, raidi de salpêtre et suri, comme une toile d'araignée qui pend dans une cave,          Un voile de larmes toujours prêt à tomber sur mes yeux.      Je n'ose plus remuer la joue ; le plus petit mouvement réflexe, le moindre tic      S'achève en larmes.         Si... [Lire la suite]
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15 mars 2017

Jean - Paul Guibbert (1942 - ) : Tombe de jeune homme

                              Tombe de jeune homme   Je fus l’enfant très aimé des habitudes et des routines.   J’ai connu l’amour de ma mère et d’autres   femmes  peu, une  seule  peut-être      reste à rêver aux larmes que j’ai laissé                glisser sous... [Lire la suite]
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11 mars 2017

Daniel Biga (1940 -) : « au matin neuf… »

  au matin neuf quand l’astre se lève   chaque jour magnifiquement presque comme le précédent * Terrasse   café noir en céramique verte tasse où jouent ombres et lumières les feuilles de mûrier * lézards électriques mésanges plumes heureuses mes anges gazouillent et ta main gardienne * comme l’aube puis l’aurore apparaissent un sang neuf circule en moi * mon sang cogne   ai envie de toi   l’araignée rousse escalade l’air * aux clues je me baigne grotte aria aperto * deux... [Lire la suite]
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10 mars 2017

Yves Prié (1949 -) : Glanes

  Glanes   Et je suis toujours sur le chemin celui qui cherchait l’espace   L’oubli est vain   Je cherche l’instant             unique      l’objet merveilleux serré au fond de la poche et le goût vif du bonheur qui se consume. * Je sais maintenant descendre contre le jour dans la cession des rivières L’air de l’été             très haut libéré se délie dans le... [Lire la suite]
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09 mars 2017

Yves Elléouët (1932 – 1975) : Dédicace

  Dédicace   aux rois oubliés fumées vapeurs et soufres aux troupeaux repus dans la brûlure des champs à la nuit élastique et sein bleu boule d’odeurs au jour dans le verre de la lampe à ce qui ne parle pas dans les prairies fauves à ma vie au chevalier sans nez sans casque à son sourire sous les ardoises du cloître à la comtesse marie de kerguezec « endormie dans le seigneur » aux cloches et aux clochers d’août à ces voix éparses à ces silences à toi.   Au pays du sel profond ... [Lire la suite]
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08 mars 2017

Miyazawa (Kenji) / 宮沢賢治 (1895 – 1933) : Aiguilles de pin

      Aiguilles de pin             Voici la neige fondue que tu m’as demandée           et une belle branche du pin. Ah, tu t’empares de ces aiguilles vertes pour les poser contre ta joue brûlante ! avec ces vertes aiguilles végétales tu piques ta joue avec frénésie, . tu le fais avidement. Combien cela nous étonne ! Tu désirais si fort aller vers la forêt. Alors qu’ardent de fièvre tu luttais dans... [Lire la suite]
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