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Homme blanc de la tribu sans joie,

Toi seul a délaissé la nature

     pour inventer des lois bienséantes.

Tu t’es réduit en esclavage comme tu as fait des esclaves

     du cheval et d’autres bêtes sauvages.

Pourquoi, homme blanc ?

Ta police parque ta tribu dans des maisons clôturées,

Où de pauvres femmes frottent les parquets

     de femmes plus riches qu’elles.

Pourquoi, homme blanc, pourquoi ?

Tu te moques des « pauvres Noirs »

     tu nous dis : « Faites comme nous ! »

Tu nous dis : « Laissez là vos vieilleries et vos enfantillages,

Devenez civilisés, travaillez pour nous ! »

Pourquoi, homme blanc ?

Laisse-nous tranquilles, nous n’en voulons pas

     de tes cols et de tes cravates,

Nous n’en voulons pas de tes habitudes, de tes chaînes.

Nous voulons la liberté, la vraie,

     nous voulons la gaieté qui est en toute chose sauf en toi,

Pauvre homme blanc de la tribu sans joie.

 

Traduit de l’anglais par Marylin Plénard,

In « Chants de métissage »

Editions Bruno Doucey, 2015