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Pierre mère

 

Toi comme moi avons l’œil terne, pierre

Comme moi tu rêves d’un cataclysme

Parmi l’humidité la sécheresse ou le temps indifférent

Une même soif nous accable

Pareil destin : la terre l’ennui

De trop t’avoir fixée ô pierre

Me voilà dans l’exil

Parlant un langage de pierre

Aux oreilles du vent

 

Dans le temps infini

Les larmes ont séché

Mais quelle plaie

Renferme notre monde

 

Seule la nuit nous aime

Dans sa fraîcheur tu te reposes

C’est le moment où je peux te rejoindre

Et abandonner ma vie et ce qui en reste

A toutes les damnations éternelles.

 

Le Château de Grisou

Edition Tigrondine, Mexico, 1943

Du même auteur : Lettre d’amour (28/02/2016)