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Paris

 

Avez-vous vu un fils tranquille ramasser au marché

Une petite enfant étrangère, une Sarrasine

Qui vendait des citrons sans patente

Sans avoir payé sa location de l’asphalte

Où elle s’accroupissait, petite sombre.

 

Echalote !

Il la conduit. Il a été bon. Il l’a avertie deux fois.

Elle le suit devant les squares et les boutiques

Elle le suit tout au long de la patente

Auprès de tous les yeux patentés, des groins, des museaux patentés

On ne regarde même pas la petite étrangère

Les gens sortent de la messe, ils puent l’humidité catholique

Et vont à la pâtisserie.

 

La vie est unique,

Editions Gallimard, 1933

Du même auteur : Le Dimanche (08/02/2016)