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La mort que je n’ai pas eue

 

Longue est la journée de celui qui attend

en vain le mot qui le lavera

de l’angoisse de s’être trompé. Il sait

que le temps ne concède pas cette chimère

à celui qui a tissé ses heures avec aveuglement,

à celui qui n’a pas écouté la voix qui était la clé

de son jardin secret. Il voit la nef

s’éloigner dans la brume étrangère

de l’oubli. Plus jamais la mémoire

ne pourra le sauver. Il redoute son destin,

sa solitude ; il n’ y a pas d’échappatoire.

Sur son chemin il ne croise que des ombres,

Il s’y cache sans la gloire

posthume de ce baiser clandestin.

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, " Poésie espagnole, anthologie 1945 – 1990"

Actes Sud / Edition Unesco,1995

Du même auteur :

Du renoncement / De la renuncia (03/02/2016)

Paysage varié de l’amour / Vario paisaje del amor (03/02/2018)

 Ulysse (03/02/2019)