20 janvier 2017

Heather Dohollau (1925 – 2013) : L’après-midi à Bréhat

      L’après-midi à Bréhat   pour Tanguy   Débarquer dans l’île est une entrée en douceur. Comme si d’être tenue en main de mer faisait trembler une balance sensible, une respiration secrète.   On pénètre dans l’île par un chemin qui va vers l’intérieur. Avec la royauté des maisons sur leur socle rocheux et l’étonnement des arbres d’avoir si près d’eux le tout autre.   La lumière est une couronne placée par des mains invisibles sur notre tête à tous. Partout la mer est regard... [Lire la suite]
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19 janvier 2017

Jacques Rabemananjara (1913 – 2005) : Lyre à sept cordes

  Lyre à sept cordes (Cantate)   Tu me suivras, Sœur pâle, Elue avant l’aube du monde ! Fiancée anté-néant ! Raison unique de la Création ! Force de mon destin !   Tu viendras. Vains Seront les cris de ton sang, l’orgueil de ta race qui gronde.   Tu me suivras. Marche d’amour ! Vol de colombe ! Ô Fraîcheur du premier matin !   Tes frères sont devenus sourds, insensibles jusqu’à l’odeur de la poudre, aux fureurs des tonnerres. Plus durs que le granit les... [Lire la suite]
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18 janvier 2017

René Guy Cadou (1920 – 1951) : Hélène

Autoportrait, 1948   Hélène   Je t’atteindrai Hélène A travers les prairies A travers les matins de gel et de lumière Sous la peau des vergers Dans la cage de pierre Où ton épaule fait son nid     Tu es de tous les jours L’inquiète la dormante. Sur mes yeux Tes deux mains sont des barques errantes A ce front transparent On reconnaît l’été Et lorsqu’il me suffit de savoir ton passé Les herbes les gibiers les fleuves me répondent     Sans t’avoir jamais vue Je t’appelais déjà Chaque... [Lire la suite]
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17 janvier 2017

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : La mort et le bûcheron

  La mort et le bûcheron   Un pauvre Bûcheron, tout couvert de ramée, Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé, marchait à pas pesants, Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée. Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, Il met bas son fagot, il songe à son malheur. Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ? En est-il un plus pauvre en la machine ronde ? Point de pain quelquefois, et jamais de repos. Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts, ... [Lire la suite]
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16 janvier 2017

Philippe Soupault (1897 – 1990) : « Est-ce le soleil qui se couche… »

  ………………………………… Est-ce le soleil qui se couche  Est-ce le sommeil Est-ce moi  Je ferme les yeux simplement pour mieux voir mon pays mon royaume Il n'y a plus rien autour de moi mon pays du sommeil que je découvre à tâtons la reine a les yeux d'un vert spécial presque tendre il y a toujours de belles forêts qui bercent le silence Je vois de grands chemins très blancs comme les lignes de la main Rien ne sert de pleurer les larmes éternelles sont des étincelles qui brillent et qui creusent les yeux... [Lire la suite]
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15 janvier 2017

Zu Shuzhen / 朱淑真 (1135 – 1180) : Sur l’air « Sheng tsa tse »

  Sur l’air « Sheng Tsa Tse »   L’an dernier, à la Fête des Lanternes, Le marché aux fleurs avait l’éclat du jour. Quand la lune monta au bout des saules, Après le crépuscule, j’allais retrouver mon bien-aimé.   Cette année-ci, à la même Fête, Ni lune ni lanternes n’ont changé. Mais je ne vois plus l’ami de l’an passé Et les pleurs trempent la manche de ma robe.   Traduit du chinois par Patricia Guillermaz In, « La poésie chinoise des origines à la révolution » Editions... [Lire la suite]
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14 janvier 2017

Michel-Ange / Michelangelo Buanarroti (1475 -1564) : « Avec ce coeur de soufre… » / « Al cor di zolfo… »

  Avec ce coeur de soufre et cette chair d’étoupe, Avec ces os qui sont pareils à du bois sec, Avec une âme qui dédaigne freins et rênes, Avec un désir prompt et trop ardent, avec   Une raison aveugle, débile et boiteuse Et les gluaux, les pièges dont le monde est plein, Ce n’est pas grand merveille si, en un éclair, Je flambe au premier feu qu’on rencontre en chemin.   Si pour l’art, qui demande le secours du ciel, Mais triomphe avec lui de la Nature, encore Qu’elle imprègne tout lieu, je ne suis né ni... [Lire la suite]
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13 janvier 2017

Andrée Sodenkamp (1906 – 2004) : « Je voudrais te dévaster d’amour… »

  Je voudrais te dévaster d’amour comme les cigales mangent les champs et que tu sois nu de toi-même et qu’il n’y ait que moi pour te recouvrir. Tu ne saurais plus où tu commences, où je finis. Emmêlés dans la chair et l’esprit, brûlés vifs l’un sur l’autre, se riant du plaisir comme les enfants, l’hiver, qui ont enfin chaud dans la chambre chaude.   Je veux être aussi le chemin après l’amour mouillé d’ombres légères que tu puisses avancer en moi --------------------------------------------   C’est... [Lire la suite]
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12 janvier 2017

Lionel Trouillot (1956 - ) : « Je ne t’enverrai pas de poème, mon ami… »

  Je ne t’enverrai pas de poème, mon ami. Que te dirais-je Sinon que la nuit est la même sur Port-au-Prince et Saint-Malo Seule change la couleur de l’eau. Que te dirais-je Sinon que les garde-côtes américains ont encore repêché des Haïtiens Au large de la Floride Pas loin des requins. Que te dirais-je sinon que nos vies sont tristes Comme celle des vieux couples qui font chambre à part.   Quand je sors Je vois des hommes qui marchent vers le dehors des choses, Pourtant ils savent que ce n’est jamais le pain ... [Lire la suite]
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11 janvier 2017

Olivier Bardet (19?? - ?) : Estuaire

  Estuaire   Éblouissement d’éther de feu eau air terre Une langue darde dans la gueule du serpent Blanc là-haut plus bleu que le bleu du ciel L’esprit se cache et le souffle Vent invisible sur la mer visible La plaine se recroise des différences d’où je viens               À la pointe du triangle Contradiction qui me suffoque Un verre d’alcool se mêle à tout l’océan Le sel peut-il s’aiguiser à la fadeur d’avoir été   Arc bouté... [Lire la suite]
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