30 décembre 2016

Djalal ad-Dīn Muhammad Rūmī (1207- 1273) /جلالالدین محمد رومی : « … Comme les oiseaux de mer »

  … Comme les oiseaux de mer, les hommes viennent de l’océan –      l’océan de l’âme. Comment, né de cette mer, l’oiseau ferait-il ici-bas sa demeure ? Nous, nous sommes des perles au sein de cette mer, c’est là que      demeurons tous : sinon, pourquoi la vague succède-t-elle à la vague qui vient de la      mer de l’âme ? La vague de « Ne suis-Je pas » est venue, elle a brisé le vaisseau      du corps ; et... [Lire la suite]
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29 décembre 2016

Abdourahman A. Wabéri (1965 - ) : Fil blanc, fil noir

  Fil blanc, fil noir   Il y a des jours de grand air Des bottines au vent Martelant les pavés de la rue Saint-Martin   Des jours d’ennui où la morgue aux lèvres J’accueille mes peurs par bosquets massifs   Il y a des jours d’azur Qui amassent les billes fulgurantes de l’enfance Toute une vie dans l’écho de ma langue     Il y a des êtres de peu d’importance Dont le nom figure sur nul registre   Il y a des jours où L’on soupire Tu manques à mon ombre Pour dire l’absence De... [Lire la suite]
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28 décembre 2016

François Maynard (1582 – 1646) : « Je donne à mon désert… »

  Je donne à mon désert les restes de ma vie, Pour ne dépendre plus que du Ciel et de moi. Le temps et la raison m'ont fait perdre l'envie D'encenser la faveur, et de suivre le Roi. Forêt, je suis ravi des bois où je demeure. J'y trouve la santé de l'esprit et du corps. Approuve ma retraite ; et permets que je meure Dans le même village où mes pères sont morts. J'ai fréquenté la Cour où ton conseil m'appelle, Et sous le Grand Henry je la trouvais si belle, Que ce fut à regret que je lui dis adieu. Mais... [Lire la suite]
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27 décembre 2016

Mathurin Régnier (1573 – 1613) : « Quand sur moi je jette les yeux… »

  Quand sur moi je jette les yeux, À trente ans me voyant tout vieux, Mon coeur de frayeur diminue : Étant vieilli dans un moment, Je ne puis dire seulement Que ma jeunesse est devenue. Du berceau courant au cercueil, Le jour se dérobe à mon oeil, Mes sens troublés s'évanouissent. Les hommes sont comme des fleurs Qui naissent et vivent en pleurs, Et d'heure en heure se fanissent. Leur âge, à l'instant écoulé, Comme un trait qui s'est envolé, Ne laisse après soi nulle marque ; Et leur nom, si fameux... [Lire la suite]
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26 décembre 2016

Jakez Riou (1899 – 1937) : La fontaine noire / Ar feunteun zu

  La fontaine noire   L’eau lente tombe, goutte après goutte, le long de la fougère.   Silencieuse et nonchalante l’eau sourd du flanc de la vallée ; depuis des siècles ses gouttes, toujours, toujours, tombent du cœur de la roche.   Nuit et jour, le long de la fougère, goutte après goutte, lente.   Sans aucun bruit, elle tombe le long de la fougère, dans un creux si profond qu’on ne la voit pas.   Mais comment se fit-il, que dans ma solitude, je restai jusqu’au soir à... [Lire la suite]
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25 décembre 2016

Jean-Paul Curnier (1951- ) : Tout au début

  Tout au début   Au commencement était le verbe, mais il n’y avait personne pour parler ni personne à qui parler. Le verbe était seul à être et ne servait à rien, et ne parlait de rien. Il faut imaginer un verbe longtemps seul et muet mais pas tout à fait seul à être seul, ils étaient deux à l’être, deux à être seuls. Car au début était le verbe, mais le verbe était avec Dieu.   Dieu parlait-il ? Dieu parlait-il tout seul ? Puisqu’en dehors du verbe Il n’avait personne à qui parler. ... [Lire la suite]
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24 décembre 2016

Roland Brachetto ( 1929 - ) : Le village

  Le village   Le village quadrille de soleil damier de souffre et de salpêtre pêcherie des souffrances tues   Le long apprentissage à n’être rien en nos veines descend monacale brûlure et l’orgueil se consume et chaque ombre ferme son poing sur un vacillement de vie telle une lampe à jamais sous le vent s’enferme en sa fragilité   Ô ces longs regards sous la pierre qu’ouvre tout grand la lourde obscurité toujours prompte à peser dans les choses L’absence d’espérer alourdit les paupières ... [Lire la suite]
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23 décembre 2016

Roger-Arnould Rivière (1930 - 1959) : « Je sais la caresse du petit matin… »

  Je sais la caresse du petit matin, l’aplomb brutal de midi, la     sournoise inversion du soir je sais le vertigineux à-pic de la nuit et l’accablante horizontalité      du jour je sais les hauts et les bas, les hauts d’où l’on retombe à coup sûr,      les bas dont on ne se relève pas je sais que le chemin de douleur n’a de stations qu’en nombre limité je sais le souffle haché, le souffle coupé, l’haleine fétide, les effluves      d’air... [Lire la suite]
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22 décembre 2016

André de Richaud (1909 – 1968) : Préface

  Préface   Egaré dans tous les sentiers de moi-même Soleil éteint qui pends à ma main Cherche, et toi, chien, cherche, mais nul n’est passé… Un cheval fou, si, dans ma jeunesse Un soir, un fantôme qu’un autre a fait chair Et une chair que mon trop d’amour a fait spectre.   Egaré au-delà de la dernière vague de la mer Egaré derrière la dernière lueur du soir Perdu dans le cri du dernier oiseau de la nuit Seul, je voudrais qu’on me cherche Mais personne ne veut entendre ce cœur qui sonne.   Je me... [Lire la suite]
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21 décembre 2016

Marc – Antoine Girard de Saint – Amant (1594 – 1651) : La solitude

  La Solitude A Alcidon     O ! que j'aime la solitude ! Que ces lieux sacrés à la nuit, Eloignés du monde et du bruit, Plaisent à mon inquiétude ! Mon Dieu! Que mes yeux sont contents De voir ces bois, qui se trouvèrent A la nativité du temps, Et que tous les Siècles révèrent, Etre encore aussi beaux et verts, Qu'aux premiers jours de l'Univers !   Un gai zéphyr les caresse D'un mouvement doux et flatteur. Rien que leur extrême hauteur Ne fait remarquer leur vieillesse. Jadis Pan et... [Lire la suite]
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