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Je donne à mon désert les restes de ma vie,

Pour ne dépendre plus que du Ciel et de moi.

Le temps et la raison m'ont fait perdre l'envie

D'encenser la faveur, et de suivre le Roi.

Forêt, je suis ravi des bois où je demeure.

J'y trouve la santé de l'esprit et du corps.

Approuve ma retraite ; et permets que je meure

Dans le même village où mes pères sont morts.

J'ai fréquenté la Cour où ton conseil m'appelle,

Et sous le Grand Henry je la trouvais si belle,

Que ce fut à regret que je lui dis adieu.

Mais les ans m'ont changé. Le Monde m'importune,

Et j'aurais de la peine à vivre dans un lieu,

Où toujours la Vertu se plaint de la Fortune.

 

 

Les Œuvres,

Augustin Courbé Libraire, Paris, 1646