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Le village

 

Le village quadrille de soleil

damier de souffre et de salpêtre

pêcherie des souffrances tues

 

Le long apprentissage à n’être rien

en nos veines descend monacale brûlure

et l’orgueil se consume

et chaque ombre ferme son poing

sur un vacillement de vie

telle une lampe à jamais sous le vent

s’enferme en sa fragilité

 

Ô ces longs regards sous la pierre

qu’ouvre tout grand la lourde obscurité

toujours prompte à peser dans les choses

L’absence d’espérer alourdit les paupières

Jusqu’au nocturne poids du végétal

 

Amère finitude

qui restreint l’âme à la chair

la chair à la faim la faim à la nuit

 

Poèmes tunisiens

Editions du Mercure de France, 1966